Décès du seigneur Globensky

Le seigneur Charles-Auguste-Maximilien Globensky s’éteignit à Saint-Eustache le 12 février 1906 en son manoir. Il fut inhumé dans la chapelle de la paroisse. Le Courrier de Saint-Eustache a publié le 12 février 1906 une nécrologie des plus élogieuses à son sujet ainsi que Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 14 février 1906. D’autres journaux, entre autres La Presse de Montréal, en firent autant, rappelant l’historique de la famille Globensky.
Nécrologie du seigneur Globensky en 1906
       

Maximilien Globensky

Son père

Maximilien Globensky, le soldat
  Maximilien Globensky
 
Maximilien Globensky est né à Verchères le 15 avril 1793. A l’âge de vingt-six ans, il épousa à Saint-Eustache, le 15 février 1819, Élisabeth Lemaire-Saint-Germain. De son premier mariage sont nés 12 enfants mais la plupart sont morts en bas âge. Un fils, Charles-Auguste-Maximilien et cinq filles se sont mariés avec des gens en vue de l’époque.

Maximilien est attiré par une carrière militaire et c’est pourquoi il s’enrôle, à l’âge de vingt ans dans le bataillon des Voltigeurs canadiens, sous le commandement du lieutenant-colonel Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, peu de temps après la déclaration de guerre des États-Unis à l’Angleterre, qui a eu lieu le 19 juin 1812. Il était aux côtés du lieutenant-colonel de Salaberry, en tant que sous-lieutenant aux batailles d’Ormstown, de Lacolle et de la Châteauguay, ainsi que son frère Frédérick-Eugène, où il se distingua par sa bravoure et son audace. Maximilien Globensky a été, par la suite, le 24 mars 1813, promu second-lieutenant et décoré de deux médailles sur la recommandation du lieutenant-colonel de Salaberry, comme en témoigne La Minerve du 23 juin 1866. La guerre de 1812-1814 s’étant terminée par le traité de Gand, signé le 24 décembre 1814, Maximilien Globensky fut le premier voltigeur à recevoir la demi-solde et ce, jusqu’à sa mort en 1866. Le lieutenant-colonel Maximilien Globensky a été promu premier-lieutenant en 1815 puis capitaine dans le 1er bataillon de York du Bas-Canada le 11 décembre 1826.

La deuxième partie de la vie militaire de Maximilien Globensky a débuté lors des troubles de 1837. Il a reçu alors l’ordre, le 27 novembre 1837, quelques jours après les batailles de Saint-Denis et de Saint-Charles, de former une compagnie de volontaires. 23 patriotes seulement étaient des résidents du village dont le frère de sa belle-sœur, Emery Féré, les autres venaient d’ailleurs et s’adonnaient à toutes sortes d’excentricités. La population en était exaspérée et c’est elle qui, au début, a demandé l’aide du gouvernement. On a alors fait appel au service du lieutenant-colonel Maximilien Globensky, officier à la demi-paye et résidant de Saint-Eustache.

Le fait que Maximilien Globensky n’était pas du côté des patriotes a fait couler beaucoup d’encre. Comme Maximilien Globensky était déjà un soldat dans l’armée anglaise lorsque la rébellion de 1837 a éclaté, il était dans une situation délicate car, suite à la campagne de 1812, il était resté officier à la solde de Sa Majesté la Reine, donc cela lui imposait de répondre affirmativement à l’ordre reçu des autorités militaires en temps de troubles.

Maximilien Globensky étant un résidant du village, tout comme sa famille d’ailleurs, il ne prit pas une part très active dans le déroulement de la bataille. Lors de l’historique bataille du 14 décembre 1837, le bataillon de 83 volontaires de Maximilien Globensky était posté sur une île en face de Saint-Eustache de façon à barrer la route aux patriotes au cas où ceux-ci auraient voulu fuir sur la surface gelée de la rivière des Mille-Îles. Maximilien ne voulait blesser personne et c’est pourquoi il avait ordonné à ses hommes de tirer au-dessus des têtes. Plusieurs déclarations de patriotes et de volontaires de sa compagnie, confirment le fait que Maximilien Globensky était présent par obligation et non pas conviction. Malheureusement, Maximilien Globensky fut accusé à tort par des historiens en quête de sensationnalisme. Son frère Frédérick-Eugène a pris la parole, en compagnie de J.L. de Bellefeuille, un mois et demi avant la fameuse bataille de Saint-Eustache du 14 décembre 1837, devant le peuple assemblé à la porte de l’église. Il a essayé de les persuader que c’était de la folie de prendre les armes contre l’armée du gouvernement anglais. Mais comme on le sait, ce fut en vain. Malgré cela, peu de temps après la bataille, il a écrit une lettre à sir John Colborne pour lui demander une indemnisation pour le village de Saint-Eustache si durement éprouvé.

   
   
   
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