Histoires de nos familles

Fenêtre sur le passé (1975)

Ovila Villiot

L’automne dernier, je me rends à Oka afin de faire un retour dans le temps et me rappeler de merveilleux souvenirs.

Au moment de la restauration des oratoires et des chapelles du calvaire d’Oka, en 1975, l’entrée du site n’est pas au même endroit qu’aujourd’hui. Du chemin d’Oka, nous prenons la rue Picket jusqu’à la rue Empain, puis nous continuons sur un chemin de terre jusqu’au pied de la montagne où sont situés la chaire et la croix. De cet endroit, jadis, le prêtre s’adressait aux pèlerins à la fête du Calvaire, autour du 14 septembre de chaque année, avant d’entreprendre l’ascension vers le sommet. C’est là que nous établissons notre base: roulottes de chantier, équipements, matériaux... En 1975, Me Jean-Paul L’Allier, aujourd’hui maire de Québec, est député libéral de Deux-Montagnes et ministre des Affaires culturelles et son secrétaire de comté, Denis Renaud, qui connaît bien les besoins du comté, font en sorte que le projet est accepté et réalisé.

Les responsables de la restauration sont, pour le ministère des Affaires culturelles, Vianney Guindon, architecte, et Paul Gagnon, chargé de projets. Pour la firme Carrière Labelle Woodrough, ce sont Hubert Labelle, architecte, et Gilles de Bellefeuille, surveillant de chantier. Coïncidence, Vianney Guindon, Hubert Labelle et Gilles de Bellefeuille ont tous les trois étudié au Séminaire de Sainte-Thérèse, presque en même temps. Pour l’entrepreneur, Claude Latour est responsable de la réalisation des travaux. Le contremaître sur le terrain est Jean-Marie Barbe. Le responsable aux approvisionnements et de la sécurité du chantier est Stanislas (Stan) Saint-Pierre. Les menuisiers sur le chantier sont Alain Latour, Pierre Saint-Louis... Le responsable de la fine menuiserie aux ateliers est Fortuna Labonté. Enfin, les sous-traitants en maçonnerie sont les Bonspille, père et fils, et les fournisseurs de matériaux, Marinier et frères.

Aujourd’hui, le nouveau chemin d’accès est situé en face de l’entrée du Parc d’Oka. Arrivé à la guérite, je suis accueilli par Mme Claudette Lemire, employée du Parc, qui habite sur la terre ancestrale dans le rang Sainte-Germaine. Suivant les indications, je me rends dans l’érablière et sa cabane appelée L’Orée, puis je longe le bas de la montagne jusqu’à la chaire et la croix. Je découvre sur ce sentier plusieurs arbres plus que centenaires, façonnés par le temps, comme tordus par les vents. Sans feuilles, ces arbres nous montrent leur structure majestueuse, mais pour combien de temps?

À partir de la croix, je me dirige vers le premier oratoire, près du verger. Ici, les Bonspille, père et fils et maçon, ont refait une partie de la fondation. Entre le premier et le quatrième oratoire, rien de changé, les feuilles d’érable, de hêtre et surtout de chêne recouvrent le sol pierreux où, jadis, des milliers de personnes y ont défilé en priant; plusieurs d’entre elles s’y sont connues et ont par la suite uni leurs destinées. Quelques-uns de ces couples ont fait l’objet des histoires de nos familles.

Arrivé au sommet, je retrouve les trois chapelles blanches, offrant leur façade au lac des Deux Montagnes. C’est ici que le célèbre père Marinier, descendant de l’ancêtre Guillaume Amringer, vient prier et prendre des photos conservées maintenant dans les archives de la Société d’histoire d’Oka.

Le calvaire d’Oka, appelé autrefois «Mont-Calvaire», a été érigé par des Prêtres de Saint-Sulpice, en 1740. Une excursion de moins d’une journée vous fera découvrir une des richesses de notre patrimoine.

Ovila Villiot,
Société de généalogie de Saint-Eustache