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Ledoux: un nom, un ancêtre

Sur la rive sud du Saint-Laurent niche une charmante petite ville gorgée d’histoire. Il s’agit de Varennes, bastion de plusieurs familles anciennes dont des descendants se sont plus tard installés un peu partout, y compris dans notre région. C’est à cet endroit que s’est établi, a fondé une famille, a vécu et est mort Louis Ledoux.

Fils de Louis Ledoux et de Marie Provost, Louis est baptisé vers 1639 en l’église de Notre-Dame-de-la-Couture, évêché du Mans, Maine, et ce n’est que vers l’âge de trente ans qu’il s’embarque pour la Nouvelle-France où il arrive en 1670. Établi tout d’abord à la Côte Saint-François de Montréal sur une terre de 30 arpents achetée de Jean Voyne, il revend celle-ci à la fin de la même année à Claude Rimbault. La Côte Saint-François est habitée de plusieurs ancêtres connus: Guillaume Labelle, Olivier Charbonneau, Pierre Dagenais dit Lépine, Pierre Goguet, pour ne nommer que ceux-ci. Dans les années qui suivent, la présence de Louis est signalée dans différents marchés et obligations dans la région de Trois-Rivières et de Québec où il gagne sa vie comme charpentier. Et en 1674, il obtient la concession d’une terre de 2 par 30 arpents dans la seigneurie de Varennes.

En 1679, Louis habite temporairement Montréal où son contrat de mariage est passé devant le notaire Claude Maugue le 19 février 1679. Le 20 mars de la même année, il épouse, en la paroisse Notre-Dame de Montréal, Marie Valiquet, née à Montréal en 1662, fille de Jean et feue Renée Loppé. La signature des nouveaux époux n’apparaît point au bas de leur acte de mariage. Par contre, on y retrouve celles de Jean Valiquet, père de la mariée, de Mathurin Langevin dit Lacroix, cousin germain de la mariée, d’Adrien Sénécal, habitant du Cap de Varennes, et de Gilles Perot, curé de Notre-Dame. Deux choses nous frappent lorsque nous examinons ces documents: Tout d’abord, sur le contrat de mariage, on peut lire à la quatrième ligne: «(...) Louis Ledoux bani (sic) de la Seigneurie du Cap de Varennes(...)». Et sur l’acte de mariage, il est spécifié que Louis Ledoux habite Montréal depuis huit mois. Qu’a donc fait Louis pour être banni de son lieu d’habitation? Étant donné qu’au cours de sa vie à Varennes il semble avoir été mêlé à quelques reprises à des différends avec ses voisins, il n’y a qu’un pas à franchir pour conclure que cet ancêtre au nom pourtant si suggestif avait un caractère plutôt vif! Autre fait inusité, une opposition a été tentée lors de la publication des bans précédant le mariage. Cependant, cette opposition fut jugée «nulle et frivole» par Monsieur Dollier, grand vicaire de Monseigneur l’évêque de Québec. Le curé mentionne aussi que le mariage a lieu durant le carême; serait-ce là l’objet de l’opposition? Nul ne peut l’affirmer.

Au recensement de 1681, Louis possède 6 arpents de terre en valeur au Cap de Varennes et c’est sur cette même terre qu’en 1690, on construira un petit fort pour se protéger des attaques iroquoises. Louis et Marie sont des parents comblés puisqu’ils mettent au monde quatorze enfants, dont huit garçons et une fille qui atteindront l’âge adulte. Et c’est le 3 octobre 1708 que Louis s’éteint; le service funèbre a lieu le lendemain en l’église Sainte-Anne de Varennes.

Vous vous demandez si des descendants de Louis Ledoux et de Marie Valiquet habitent la région? Bien entendu! Ouvrez l’annuaire téléphonique et vous en trouverez 63!

Ginette Charbonneau,
SGSE