Liste des chroniques

Rioux

Claude Latour

C’est à Ploujean, diocèse de Tréquier, localité située sur la rive est de la baie de Morlaix, en Bretagne, que vivent Jean Riou, laboureur, et Marguerite Guinguen, sa femme. Leur fils prénommé Jean, comme son père, part pour la Nouvelle-France.

C’est le 26 décembre 1677 qu’on le retrouve pour la première fois en Amérique, comme «engagé de 21 ans»; il fait, ce jour là, rédiger son contrat de mariage chez le notaire Moreau. En 1676, lorsque Jean Riou commence à fréquenter Catherine Leblond, elle n’a que 13 ans. Elle est la fille de feu Nicolas Leblond, de l’île d’Orléans. La bénédiction nuptiale a lieu à Sainte-Famille de l’île d’Orléans, le 10 janvier 1678.

Mais revenons à son contrat de mariage. Selon Denise Ménard, les clauses ne sont pas sans intérêt pour nous car elles nous révèlent un des aspects de la vie familiale au Canada, au XVII siècle. Dans ce contrat, Jean Riou s’engage à demeurer chez sa belle-mère, avec sa femme, pour une période de quatre ans. Il doit cultiver la terre et entretenir son ménage tout comme s’il était, précise l’acte notarié, le chef de famille. Il se mettait, autrement dit, au service de sa belle-mère.

Par contre, toujours selon Denise Ménard, ce contrat n’est pas à sens unique car, en retour, belle-maman Leblond promet de nourrir et d’habiller son gendre, sa femme et les enfants qui pourraient leur naître. De plus, elle leur promet, à la fin des quatre années, de leur fournir une maison d’une valeur de 300 livres, deux bœufs, deux vaches...

Jean Riou ne reste pas quatre ans chez sa belle-maman Leblond car cette dernière se remarie dès 1678. Jean et Catherine s’établissent alors sur une terre bien à eux que Jean avait achetée avant son mariage.

En mars 1696, Jean Riou échange sa terre contre la seigneurie des Trois-Pistoles, il en devient le deuxième seigneur et le véritable fondateur de cet endroit, non sans rendre acte et foi et hommage au Roi de France.

Le seigneur Jean Riou et son épouse Catherine Leblond, sont les ancêtres de tous les Rioux d’Amérique.

À la deuxième génération, le fils aîné, Nicolas, épouse Louise Asselin, le 13 août 1710, à Sainte-Famille de l’île d’Orléans, et devient, comme son père, seigneur de la seigneurie des Trois-Pistoles.

La troisième génération voit Étienne prendre pour épouse Véronique Lepage, le 21 juillet 1749, à Rimouski. Il est le troisième Rioux de la même famille à être seigneur de la seigneurie des Trois-Pistoles.

Les générations suivantes s’allient aux Côté, Michaud, Roussel, Lebel et Sirois.

Dans la descendance qui nous occupe aujourd’hui, à la neuvième génération, Victor Rioux, natif de la Vallée de la Matapédia en Gaspésie, épouse à Val-Brillant, le 10 août 1963, Jacqueline Roy et habite Saint-Eustache depuis près de trente ans.

Soudeur de son métier, il devient vite un expert en la matière, en respectant toujours les règles de l’art, ce qui l’amènera à voyager à travers le Québec pour d’importantes sociétés, pour enfin prendre sa retraite en 1999.

Depuis son arrivée à Saint-Eustache, Victor s’engage dans la collectivité; on le retrouve dans plusieurs domaines d’activité. Il devient directeur au sein du conseil d’administration de la Corporation du moulin Légaré et y est en poste depuis près de dix ans. En plus de l’administration, Victor, par déformation professionnelle, travaille tout ce qui est métal au moulin, il dessine, coupe et soude, quel que soit le type de métal. C’est grâce à cette sorte d’homme que notre moulin tourne toujours depuis 1762.

Claude Latour,
Société d’archives historiques de Saint-Eustache