Liste des chroniques

André Bernier de Niort (2)

Le 11ième jour d’août 1693, après publication de trois bans de mariage, André Bernier prend pour épouse Jeanne Bourré, habitant Bourg Royal, fille de Gilles Bourré et de Marie Bellehache, ses père et mère.

Le père Archange Godbout fait naître André Bernier en 1670. Ce dernier avait trente ans lors de son mariage, étant né à Niort le 24 juillet 1663. Il a passé son contrat de mariage devant le Notaire, en date du 10 août 1693. André Bernier n’eut pas toujours du plaisir à vivre à Charlebourg. Il fut soumis au bailliage plus souvent qu’à son tour. Comme le siège de ce tribunal se trouve à Charlebourg, l’on comprend que les habitants du lieu aient souvent recours à cette cour pour régler leurs nombreux différents. En deuxième instance, il était possible de s’adresser à la Prévôté de Québec, enfin au Conseil Souverain. André Bernier ne fait pas exception. Son nom apparaît au bailliage près d’une vingtaine de fois, entre le 7 février 1697 et le 13 mai 1723.

André Bernier fut accusé de n’avoir pas porté moudre son grain à Jean Joubert, meunier de Charlebourg. Le 12 avril 1696, Pierre Canard se plaint, comme tuteur des mineurs de Pierre Hotte et de Marie Girard, parce qu’André Bernier, qui avait promis de cultiver leur terre pendant cinq ans, s’est désengagé de cette obligation parce qu’il n’a pas de blé pour semer« ny pour manger».

Jeanne Bourré, le 17 avril 1698, se présente elle-même au bailliage. Elle avoue devoir 50 sols à François Dubois mais s’objecte à deux sols de surplus. André accuse Augustin Alonze, domestique de Pierre Duroy, le 17 novembre 1699, de lui avoir donné des coups de « baston» et de pieds. Il y eut procès avec témoins, le 14 novembre précédant. Onze jours plus tard, le tribunal condamne Alonze à quarante livres d’intérêt civil, dont trois livres cinq sols à donner à Bernier. L’année suivante, François Dubois requiert l’aide d’André Bernier pour témoigner en sa faveur contre Mathurin Palin dit Dabonville, qui avait, en jurant, menacé Dubois de coups de bâton. Cela se passait au début du siècle nouveau.

Puis vint la grande épreuve. Le 14 avril 1707, les marguilliers de Charlebourg, Louis Renaud, Barthélémi Coton dit Laroche et Thomas Blondeau attaquent de front le pauvre Bernier, voulant « qu’il soit condamné de déguerpir en possession et jouissance d’une terre et habitation sur laquelle il fait sa demeure et résidence appartenant à ladite fabrique », c’est-à-dire celle achetée de Pierre Canard. C’était pour les Bernier l’épreuve suprême. L’été suivant, le Conseil Souverain débouta les requérants.

Les enfants d’André Bernier et de Jeanne Bourré sont au nombre de onze soit six garçons et cinq filles, tous nés à Gros-Pin et baptisés à l’église de Charlesbourg entre le 4 avril 1695 et le 30 mai 1722.

La mort, c’est entrer dans l’éternité et dans l’histoire. André Bernier est mort le mercredi 28 septembre 1729 avec inhumation le lendemain. Le curé Boulanger écrit dans le registre : André Bernier, âgé de 69 ans, mort du jour d’hier, de mort subite. Le 6 juillet 1730, Jeanne Bourré est nommée tutrice de ses enfants mineurs. L’inventaire se fit le 19 juillet suivant.

Cyril Bernier
Société de Généalogie de Saint-Eustache