Liste des chroniques

André Bernier de Niort (1)

Sept Bernier sont venus en Nouvelle-France, entre 1650 et 1750. Deux seulement ont laissé une descendance, soit Jacques Bernier dit Jean de Paris, (Antoinette Grenier), natif de l’île de France, et André Bernier de Niort, (Jeanne Bourré). C’est de ce dernier que nous parlons dans la présente chronique.

La ville de Niort date de plusieurs siècles. C’est la capitale de Poitou. Elle dut à Éléonore d’Aquitaine l’indépendance de sa commune. Richard Coeur de lion la munit de son donjon, l’un des plus puissants de France. Deux grosses tours carrées, qui ont gardé encore aujourd’hui leurs mâchicoulis, sont flanquées aux angles de minces tourelles couvertes d’ardoise et sont reliées entre elles par un corps de logis central qui date du XVe siècle.

Le château de Niort, par exemple, fut fondé par Henri II, roi d’Angleterre, époux d’Éléonore d’Aquitaine. La ville, nombre de fois prise et reprise pendant la guerre de cent ans, puis finalement par Dugesclin en 1372, eut aussi beaucoup à souffrir des guerres de religion. Il reste aujourd’hui le donjon, style XIIe siècle, qui domine d’une façon imposante le quai de la sève, deux énormes tours carrées légèrement dissemblables se faisaient face et réunies au XVe siècle par un corps de logis. L’hôtel de ville de Niort fut construit de 1530 à 1535, dans le style renaissance assez original, par Mathurin Berthomé. L’entrée de l’hôtel de ville est dominée par une horloge décorée des armes de la ville.

André Bernier a été baptisé dans l’église Saint-André de Niort, d’où son nom d’André. Rappelons que Niort est le chef-lieu du département des Deux-Sèves, sur la rivière niortaise. Elle comptait, il y a quelques années, environ 32 800 habitants.

Maintenant que nous connaissons les origines d’André Bernier, parlons des membres de sa famille. Pierre Bernier et Marguerite Baraton, ses père et mère, ont eu à Saint-André de Niort onze enfants, dont sept garçons. Cependant, ils ne se sont pas mariés à Niort même. Pierre Bernier était postulant - procureur et marchand (1664). Il est décédé à Niort le 1er décembre 1693, à l’âge de 60 ans, peu après le mariage de son fils André au lointain Canada. Était présent à ses funérailles son fils Pierre. Sa femme, Marguerite Baraton, est décédée également à Niort, le 14 mars 1706, à l’âge de 72 ans.

Sans doute, en 1693, au moment où André Bernier se marie avec Jeanne Bourré, la colonie était pourvue en toutes choses, plus qu’au début, vers les années 1630 par exemple. Charlebourg, qu’André Bernier choisit pour s’établir, était devenu une grande paroisse qu’il a fallu diviser quelques années plus tard pour donner naissance aux paroisses de Lorette et Sainte-Ambroise.

Les premiers colons qui décidèrent de s’éloigner du Fort de Québec (celui-ci les protégeait puissamment contre les incursions des Iroquois) suivirent naturellement le fleuve Saint-Laurent sur les bords duquel ils se fixaient et où furent bâties les premières chapelles. André Bernier choisit la seigneurie Notre-Dame-des-Anges de Charlebourg, qui avait été concédée aux Jésuites, le 10 mars 1626, par le Duc de Ventadour, lieutenant général du Roi.

Nous n’avons pu établir la date exacte de l’arrivée de cet ancêtre en Nouvelle-France. Nous croyons cependant que, pour se confirmer aux prescriptions de l’époque, André Bernier a dû se soumettre aux trois années d’apprentissage. Il se porte acquéreur d’une terre pour la première fois le 15 juillet 1696, ce qui devait le faire arriver dans l’année 1693, ou un peu avant.

(À suivre)

Recherche et texte: Cyril Bernier
Société de généalogie de Saint-Eustache
www.linfonet.com/gene/