Liste des chroniques

La bénédiction de la cloche

L'événement marquant de la fête de Pâques 2001, pour les paroissiens de Saint-Eustache, est la réinstallation du bourdon dans le clocher de notre église. La même célébration a déjà eu lieu dans le passé, à chaque fois qu'une nouvelle cloche prenait sa place en haut d'une des tours. Voyons ce que racontent les registres de la Paroisse de Saint-Eustache, il y a 156 ans:

Mgr Ignace Bourget, 2e évêque de Montréal[À gauche, monseigneur Ignace Bourget, second évêque de Montréal.]

«L'An mil-huit-cent-quarante-cinq, le vingt-sept juillet, nous soussigné Ignace Bourget, évêque de Montréal, voulant bien nous rendre à l'invitation de M. Jacques Paquin, curé de cette paroisse, et étant assisté de M. Neyron, curé de St-Benoit, et du Révérend père Saché, jésuite, avons solennellement bénit, après un sermon analogue et pathétique prêché par le R.P. Martin, supérieur des Jésuites de Montréal, une cloche pesant neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf livres de métal et 1350, avec les ferrements qui lui sont nécessaires, fondue par William Parkin, écuyer, à la fonderie Ste-Marie de Montréal, coûtant quarante sous de la livre du métal, [soit] 1999 livres, sans compter les accompagnements qui coûtent 144 livres, total 2043 livres.

La dite cloche porte l'inscription suivante: Cloche donnée par M.Jacques Paquin curé de St-Eustache, 1845. [Elle est] le produit provenant des parrains et marraines qui sont: 1o Wilfrid Masson, fils de l'Honorable Joseph Masson, conseiller législatif et riche négociant forain, de la ville de Montréal, natif du village de cette paroisse, avec Mademoiselle Angélique de Bellefeuille, co-seigneuresse de cette paroisse. 2o Fréderick-Eugène Globensky, écuyer, notaire et magistrat de ce village avec Madame Pierre Laviolette, née Elmire Dumont, co-seigneuresse aussi de cette paroisse. 3o Pierre Laviolette, écuyer, juge de paix, co-seigneur de cette paroisse avec Madame veuve Antoine de Bellefeuille, née Marguerite McGillis, aussi co-seigneuresse de cette paroisse, qui ont donné à la dite cloche les noms de: Eustache, Elmire, Angélique, Marguerite.

La souscription à été comme suit, savoir: par M. Globensky, y compris la quête du matin, 420 livres; Madame Laviolette, une étoffe velours violette de 60 livres; M. Masson 420 livres; Mlle de Bellefeuille 540 livres; M. Laviolette, un bénitier argenté valant 60 livres; Madame de Bellefeuille, étoffe de soie et 120 livres.

La quête d'un superbe pain bénit, donné par le sieur Augustin Gravel, riche habitant avec sa dame A. Danis, a été faite par la petite Demoiselle Dumont, seigneuresse conduite par son partenaire Charles de Bellefeuille, co-seigneur, M. Masson fils avec Demoiselle de Bellefeuille et par Stephen McKay fils, écuyer, notaire, avec Madame Benjamin Globensky, née Eléonore de Martigny. M. I. Duquet, directeur du Séminaire de Ste-Thérèse, touchait l'orgue, M Pilon, secrétaire de l'évêque.»

Jacques Paquin, curé de Saint-EustacheC'est signé: «Ignace, évêque de Montréal».

[À droite: Jacques Paquin, curé de Saint-Eustache.]

On retrouve aussi, au bas de la feuille, la note suivante du curé Paquin qui se plaint du peu d'aide financière qu'il a eu des paroissiens dans cette affaire:

«N.B. Les marguilliers Paul Poirier, L.Dion et J.-B. Spénard avec Gravel, sa femme, Madame Globensky, M. Stephen McKay, Madame Benjamin Globensky, J.-B. Laplante et quelques trois ou quatre autres seulement ont sonné la cloche. Cette sonnerie n'a pas données 50 livres, à part les Messieurs ci-haut nommés et les quêteurs et quêteuses qui ont donné à l'offrande généreusement. La quête du matin n'a donné que 19 piastres. Voilà comme la Donateur a été aidé par la paroisse!». Et c'est signé: «Paquin, prêtre».

Transcrit par Diane Béland
Société de généalogie de Saint-Eustache