Liste des chroniques

Le prix Élizabeth-Moyen-Closse

Une petite coquille, dans la version de la chronique publiée dans l'Éveil faisait concéder la seigneurie par les Sulpiciens, au lieu du Gouverneur et de l'Intendant. Cette version-ci a été corrigée. - Merci!


Dorénavant, une fois l’an, la SGSE soulignera, à l’occasion de la Saint-Valentin, la participation d’une ou d’un bénévole qui, grâce à son travail, aura permis l’avancement de notre jeune société.

La pionnière qui prêtera son nom à cette récompense a travaillé et souffert en Nouvelle-France. Sa vie héroïque est tombée dans l’oubli et l’anonymat. En décernant cette reconnaissance annuelle, nous aurons l’occasion de faire revivre une page d’histoire écrite par une femme, à une époque où seuls les gens braves pouvaient survivre.

Jean Moyen, sieur DesGranges, et Élisabeth Lebret, son épouse, arrivent en Nouvelle-France, accompagnés de leurs trois enfants, Élisabeth, Marie et Jean-Baptiste, en 1654. Moins d’un an plus tard, en mai 1655, Jean et son épouse sont tués par les Iroquois, à l’Île-aux-Oies (Montmagny), tandis que les fillettes sont prises en otage et emmenées en captivité. Élisabeth a alors 14 ans. À l’automne 1656, les filles sont rendues aux Français.

L ’année suivante, Élisabeth épouse Lambert Closse (bras droit auprès de Maisonneuve) à Montréal, le dimanche 12 août 1657. Le curé Pijart est l’officiant.

Deux filles naissent de cette union, Élisabeth, baptisée le 3 octobre 1658, le parrain est Dollard Adam Sieur des Ormeaux. Malheureusement, le bébé meurt le lendemain. Puis vint Jeanne-Cécile, baptisée le 22 juin 1660, parrain et marraine, Paul de Chomedey et Jeanne-Mance. Un mois avant la naissance du bébé, les Closse avaient perdu un bon ami, Dollard des Ormeaux, tué au Long-Sault. Vivre à Ville-Marie, à cette époque, était périlleux. Jean-Baptiste, le jeune frère d’Élisabeth, est tué par les Iroquois. Il a 17 ans, c’est en octobre 1661. Quatre mois plus tard, Lambert Closse meurt lors d’un combat contre cette même tribu. Élisabeth est veuve, elle a 21 ans.

Femme de coeur et de tête, elle s’acharne à défendre ce qui lui reste de plus précieux, sa fille. De nombreux actes notariaux le démontrent. Puis son beau-frère, l’époux de Marie, Sidrac-Michel Dugué sieur de Boisbriant, qui avait reçu en concession la seigneurie des Mille-Îles, décède à l’âge de 50 ans, laissant des enfants mineurs. Élisabeth est élue tutrice des neveux et nièces mineurs. En 1691, elle adresse une requête au lieutenant-général de la justice afin de faire condamner deux «sieurs» qui refusaient de payer des sommes dues à la succession. Malgré une situation précaire, elle administre les avoirs afin de protéger les survivants. Elle aurait pu rentrer en France, où elle avait des biens, elle est restée au pays, préférant continuer le projet de ses parents. Elle meurt en juin 1722, à l’âge de 82 ans. Si vous passez rue Saint-Paul coin Saint-Vincent, dites-vous, c’est ici qu’elle a déjà vécu, Élisabeth Moyen-Closse, une des premières bénévoles au pays.

En cette première année de la remise du prix Élisabeth-Moyen-Closse, la SGSE est heureuse de l’attribuer à Mme Jacqueline Fortier-Blanchet, une des pionnières de notre société généalogique.

Références disponibles à notre Centre de recherches

Recherche et texte:
Marie-Michelle Renaud,

Société de généalogie de Saint-Eustache,
www.linfonet.com/gene/accueil.html