Liste des chroniques

Nos paroisses:
2. Sainte-Rose (1740)

Plusieurs d'entre nous ignorent encore que le territoire de Saint-Eustache, avant 1768, faisait partie de la paroisse de Sainte-Rose-de-Lima, sur l'île Jésus. Le curé de Sainte-Rose était en effet également «missionnaire» à la rivière du Chêne, jusqu'à ce que la paroisse de Saint-Eustache ne soit fondée.

C'est en 1721 que le Conseil supérieur de la Nouvelle-France, composé du gouverneur, monsieur de Vaudreuil, de l'intendant Michel Bégon et de l'évêque de Québec, monseigneur de Saint-Vallier, décidait de diviser l'île Jésus en trois paroisses: Saint-François-de-Sales, qui existait déjà depuis 1702 à l'extrémité Est de l'île, Saint-Vincent-de-Paul le long de la rivière des Prairies et Sainte-Rose, le long de la rivière des Mille-Îles. Ce n'est cependant qu'en 1740 que la paroisse de Sainte-Rose fut officiellement fondée.

Un presbytère est d'abord bâti en 1741, devant servir aussi de chapelle temporaire, jusqu'à la construction de l'église. C'est en 1745 que la paroisse prend son essor avec l'ouverture des premiers registres. Jusqu'à 1745, tous les baptêmes, mariages et sépultures se retrouvent donc dans les registres de Saint-François. À l'été 1746, une première église est érigée, toute en bois de cèdre.

Suite à une chicane entre les habitants et l'évêque de Québec, monseigneur Briand, l'église est fermée en 1768 et la paroisse abandonnée pendant douze ans, jusqu'en 1780. C'est à cette date qu'un nouveau curé est nommé pour reprendre le ministère à Sainte-Rose. Un nouveau terrain est choisi et une deuxième église est construite à partir de 1788 sur le site actuel. Cette église n'est érigée que lentement et ce n'est qu'en 1811 qu'elle est enfin terminée.

L'église actuelle, la troisième, est construite de 1852 à 1855 avec de la pierre qui provient des hauteurs de l'île, dans la Côte des Perron. Elle est inaugurée officiellement par une bénédiction solennelle le 18 décembre 1856.

Le deuxième curé de Sainte-Rose, de 1748 à 1760, occupe une importance particulière dans l'histoire et le développement de Saint-Eustache. N'oublions pas qu'à l'époque de sa cure, le territoire de Saint-Eustache est sous sa responsabilité. Ce curé, Louis Lepage de Sainte-Claire est un personnage peu commun. Non seulement est-il prêtre et curé, mais il est aussi seigneur de Terrebonne, au Nord de la rivière des Mille-Îles. Il y établit des moulins, il est négociant en bois de charpente pour la construction des navires du Roi et il demande même la permission d'exploiter des mines de fer! Mais plus important pour nous, c'est lui qui agit comme agent des terres du seigneur Dumont, pour la seigneurie de la Rivière-du-Chêne.

Ce n'est en effet pas avant les années 1760 qu'un manoir seigneurial ne sera habité à Saint-Eustache, par Louis-Eustache Lambert-Dumont. Durant le Régime français, son père Eustache Lambert-Dumont habite la région des Trois-Rivières, et c'est pour un temps le curé Lepage de Sainte-Claire qui effectue en son nom les concessions de terres à Saint-Eustache.


L'intérieur de l'église vers 1940.

L'intérieur de l'église de Sainte-Rose, vers 1940.
Carte postale par Rolland Beauchamp.

Comme en 1768 les habitants de Sainte-Rose sont en chicane avec leur évêque, ce dernier en profite pour satisfaire les colons de la rive Nord qui se peuple rapidement et fonde la paroisse de Saint-Eustache, lui donnant au départ toute l'étendue de la seigneurie des Mille-Îles, englobant même le futur territoire de Sainte-Thérèse. C'est ce que nous verrons dans une prochaine chronique.

Une référence:

Recherche et texte: Marc-Gabriel Vallières
Société de Généalogie de Saint-Eustache