Liste des chroniques

Les maisons d'ancêtres:
21. La maison Thérien-Théorêt

Une petite maison de la rue Saint-Louis ne laisse pas présager au promeneur qu’il y avait dans sa cour, jusqu’aux années 1940, une boutique de forge prospère. Maison de village en bois typique du 19e siècle, elle est située au 104 de la rue Saint-Louis, au coin de la rue Chénier.

Au mois de mai de l’année 1873, un voiturier du nom de Zéphirin Landry achète un terrain des mains de Marie-Marguerite Maurice dit Paquet, veuve du marchand patriote William-Henry Scott. Ce terrain correspond aujourd’hui aux deux immeubles situés aux 96, 98 et 104 de cette rue. Il est possible que la maison ait déjà été construite avant cette date. L’année suivante, soit en août 1874, il divise le terrain en deux parties, conserve la partie Ouest et vend l’autre moitié à un forgeron venant de Sainte-Thérèse, François Thérien. La boutique de forge était, à cette époque, située à l’arrière de la maison, près de la clôture du cimetière, là où se trouve aujourd’hui une autre résidence.

François Thérien avait épousé Marie-Claire Leguerrier le 2 juillet 1861 à la paroisse de Sainte-Thérèse. Le couple a un fils, Joseph-François-Xavier, qui étudie pour être prêtre au Séminaire de Sainte-Thérèse. En septembre 1892, François hypothèque sa propriété et constitue une rente viagère à son fils. Celui-ci recevra un montant de 25$ par année, sa vie durant, à partir du moment où il deviendra sous-diacre. Ordonné prêtre le 16 juillet 1893, il est envoyé aux États-Unis et devient curé de la paroisse de Windsor, au Vermont, en 1894.



Le forgeron Eustache Théorêt et sa famille, devant la boutique de forge, en 1903.
Photo gracieuseté de monsieur Germain Beauchamp.

En décembre 1897, François Thérien vend la maison, la boutique de forge et tout son équipement à Eustache Théorêt, forgeron de Saint-Eustache. Né en 1871 et fils de François-Xavier Théorêt et d’Émilie Meloche, Eustache épouse d’abord Célanie Richer deux mois après avoir acheté la boutique de forge. La célébration a lieu le 15 février 1898 dans la vieille église de Sainte-Geneviève. Après le décès de Célanie, il épouse en secondes noces Alphonsine Trépanier le 10 octobre 1904 à la paroisse de Saint-Raphaël de l’île Bizard.

C’est dans la petite maison de la rue Saint-Louis que les Théorêt vont élever leur famille, jusqu’à la fermeture de la forge en 1942. Le 14 novembre de cette année-là, il vend le terrain et les immeubles à Henri Lavallée, qui remplacera la boutique par une seconde résidence, à l’arrière du terrain. Moins d’un an plus tard, en 1943, le dernier forgeron de la rue Saint-Louis, Eustache Théorêt, décède et est inhumé dans le cimetière de Saint-Eustache.

Il y avait, en l’année 1900, de nombreuses boutiques de forge en opération dans le village de Saint-Eustache. Outre Eustache Théorêt, une seconde forge était opérée sur la rue Saint-Louis par Venant Dutrisac, alors qu’on retrouvait Cléophas Bouvrette sur la rue Saint-Eustache, là où plus tard Odina Richer a oeuvré pendant trente ans. Sur la rue Sainte-Virginie, devenue la rue de la Forge, il y avait alors Maxime Goyer dit Bélisle, dans ce qui deviendra la forge des Robert. Notons aussi que dans le haut du village, autour des rue Saint-Eustache et de la Forge, de nombreux forgerons ont habité et exercé leur métier, certains pour quelques années seulement.

Quelques références:

Recherche et texte: Marc-Gabriel Vallières
Société de Généalogie de Saint-Eustache