Liste des chroniques

Nos paroisses:
1. L'Annonciation d'Oka (1721)

Dans une nouvelle série d'articles, nous examinerons l'histoire de chacune des paroisses où nos ancêtres ont vécu, dans l'ancien comté de Deux-Montagnes. Les articles paraîtront en ordre de fondation des paroisses. Nous commencerons donc aujourd'hui par la plus ancienne: la paroisse de l'Annonciation de la bienheureuse Vierge Marie, à Oka.

La première mission des Sulpiciens de Montréal auprès des amérindiens a été fondée vers 1671 au pied du Mont-Royal, là où se dresse aujourd'hui le Grand Séminaire, rue Sherbrooke Ouest. De 1696 à 1704, la mission est déménagée au Sault-au-Récollet, sur le bord de la rivière des Prairies, afin d'éloigner les amérindiens de la ville qui prenait de l'essor.

Mais comme les terres de l'île de Montréal étaient de plus en plus défrichées et cultivées, le Sault-au-Récollet est vite devenu lui-aussi peuplé de colons blancs. Les Sulpiciens ont donc voulu, dès 1716, déménager à nouveau la mission indienne au-delà des régions peuplées. C'est donc en 1718 que le roi Louis XV concède aux Messieurs de Saint-Sulpice la seigneurie du Lac des Deux-Montagnes, correspondant à l'actuel territoire des paroisses d'Oka, de Saint-Placide, Saint-Benoît, Sainte-Scholastique, Saint-Canut, Saint-Colomban et Sainte-Monique.

Une première chapelle est érigée à Oka à l'été de 1720, non pas à l'emplacement de l'église actuelle mais un demi-mille plus à l'Est, sur le territoire du Parc d'Oka d'aujourd'hui, près de l'embouchure de la rivière aux Serpents. Durant les deux années qui suivent, les Iroquois (Mohawks) du Sault-au-Récollet ainsi que les Algonquins et les Nipissingues de l'île aux Tourtes sont forcés de déménager à la nouvelle mission du Lac. Les registres de la nouvelle paroisse de l'Annonciation sont ouverts en 1721.

L'ancienne église d'Oka (1732-1877).

En 1732, une nouvelle église est construite en pierre sur l'emplacement actuel, plus à l'Ouest que la première chapelle. L'église et le presbytère sont entourés d'une palissade. La concession de la seigneurie aux Sulpiciens était en effet conditionnelle à l'établissement d'une place forte et le gouverneur Beauharnois ainsi que l'intendant Hocquart pressaient les seigneurs de remplir leur engagement.

Le nouveau village s'organise autour du fort d'Oka. Les nations autochtones sont séparées les unes des autres. Les Mohawks érigent leurs maisons longues à l'Ouest du village, là où passe aujourd'hui la rue des Anges, alors que les Algonquins s'installent du côté Est, le long de l'actuelle rue Saint-Jean-Baptiste.

Avec l'arrivée des britanniques dans la vallée du Saint-Laurent, lors de la Conquête, le rapport de force entre amérindiens et Sulpiciens allait se modifier. N'oublions pas qu'au début de la Nouvelle-France, les troupes françaises prennent très tôt parti pour les Algonquins, dans leurs luttes contre les Iroquois. Ces derniers s'allient donc aux Anglais et conservent une rancune réelle envers les français.

Au 19e siècle, des missionnaires protestants essaient d'établir une mission auprès des amérindiens. Étant anglophones, ils attirent facilement les Mohawks, qui ont conservé leur méfiance face aux Français. Dans la petite guerre de religion et de territoire qui s'en suit, des émeutes éclatent et le 14 juin 1877, l'église, le presbytère et les dépendances du fort d'Oka sont incendiés. Suite à ces événements, les Algonquins sont de nouveau déménagés vers Maniwaki, alors que plusieurs Mohawks sont exilés vers Muskoka, en Ontario.

L'église actuelle, construite à partir de 1877.

L'église actuelle est érigée de 1878 à 1883 et le clocher est terminé en 1907. Même si les Sulpiciens conservent toujours l'église et le presbytère, ce qui restait de leur ancienne seigneurie a été vendu au Crédit foncier franco-canadien en 1936.

Évidemment, on ne peut passer sous silence le calvaire, situé au flanc de la colline principale d'Oka. Constitué de quatre petits oratoires le long de la montée et de trois chapelles au sommet, l'ensemble a été érigé de 1740 à 1742.

Une référence:

Recherche et texte: Marc-Gabriel Vallières
Société de Généalogie de Saint-Eustache