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La famille Dolbec

Même si le patronyme de Dolbec est aujourd'hui peu répandu dans la région de Montréal, la présence de cette famille au Québec est très ancienne. Le premier du nom de ce côté-ci de l'Atlantique, François Dolbec, fils de Jacques et de Colette Delonde, est originaire de la paroisse de Notre-Dame d'Evrecy en Normandie, dans l'actuel département du Calvados. Il a épousé Anne Masse à Québec le 19 août 1675. Leur fils Jean-François, né en 1692, s'installe à Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec, puis à Sainte-Anne-de-la-Pérade, dans la région de Trois-Rivières où la famille y demeure pendant trois générations.

Le premier Dolbec à s'établir à Saint-Eustache est de la cinquième génération. Charles Dolbec, fils de Charles et de Marie-Reine Baril, naît à La Pérade le 26 novembre 1778. Il devient marchand-général à Saint-Eustache, mais la fatalité va s'acharner sur lui et sur ses tentatives de fonder une famille.

En novembre 1812, il épouse Claire Barsalou à l'église de Saint-Eustache. Le 18 janvier 1815, cette dernière donne naissance à une fille prénommée Marie-Odélie. La mère et la fille ne vont cependant pas survivre longtemps, puisque Claire Barsalou décède le 4 février, à l'âge de 19 ans, et sa fille le 19 février. Mais les épreuves ne sont pas terminées pour Charles.

En octobre 1815 il épouse, toujours à Saint-Eustache, Marie-Suzanne Masson, fille d'Antoine et de Suzanne Payfer et soeur de Joseph, qui deviendra seigneur de Terrebonne. L'année suivante, Marie-Suzanne donne naissance à un fils, Jean-Baptiste, qui meurt en 1817 à l'âge de neuf mois. Elle est de nouveau enceinte en 1818, mais elle meurt en couches, avec son enfant. En six ans, Charles a donc perdu deux épouses et quatre enfants.

En décembre 1824, il épouse Rosalie Payfer, après avoir obtenu une dispense de monseigneur Octave Plessis, évêque de Québec, puisque celle-ci est la cousine de sa seconde épouse. De ce mariage naissent Angélique, qui va épouser le docteur Louis-Maurice Jourdain, chirurgien, Louise et Charles, qui deviendra avocat.

En plus d'être marchand, Charles Dolbec se spécialise dans l'achat et la revente de potasse. Extraite des cendres des souches d'arbres qui étaient coupées lors du défrichage des terres, elle était vendue surtout en Angleterre comme engrais. Les greffes des notaires de Saint-Eustache sont remplis de contrats par lesquels Charles achetait la potasse des cultivateurs de la paroisse.

En juillet 1833, devenu malade, il rédige son testament et lègue ses biens à ses enfants. Il nomme un autre marchand de Saint-Eustache comme exécuteur testamentaire, Jean-Baptiste Proulx dit Clément. Lorsqu'il décède en 1834, c'est Proulx qui va gèrer ses biens, au nom des héritiers mineurs.

Dans les années 1850, les enfants de Charles père atteignent leur majorité et réalisent que Proulx a dilapidé leur fortune. Deux procès sont nécessaires, en Cour Supérieure en 1853 puis en Cour d'Appel en 1856, afin de permettre à Louise et à Angélique de récupérer la dot nécessaire à leur mariage!

Charles Dolbec fils, devenu avocat, est élu troisième maire du village de Saint-Eustache en 1852 et le restera jusqu'en 1857. En 1853, il épouse Éléonore Caron, fille d'Ambroise et d'Émilie Paquin, à Saint-Eustache. Le couple a plusieurs filles qui se marient à Saint-Eustache:

Notons que Cécile a épousé le neveu de son beau-frère Charles-Henri.

L'Institut généalogique Drouin indique à tort que les familles Dolbec et Delpée dit Pariseau (devenue Dalpé et Parizeau) sont de la même souche. Il s'agit là d'une erreur grossière, ayant toutes deux des ancêtres différents.

Recherche et texte: Marc-Gabriel Vallières
Société de Généalogie de Saint-Eustache