Liste des chroniques

Gaudreau

En France comme au Canada, le patronyme Gaudreau a toujours été porté de différentes manières, de Gaudras à Goudreault, en passant par Gottereau, Gotrot, Gaudreault, etc. De racines germaniques: gud-hart, gaud-hart signifient dieu-armé, dieu puissant ou encore forêt-dense.

Les ancêtres, Gilles et Jean Gaudreau, sont natifs de Ré, île d’une étendue comparable à celle de l’île d’Orléans. Face au Poitou et à l’Aunis, cette île de l’Atlantique fut habitée bien avant notre ère par des chasseurs et des pêcheurs.

Jehan Gautereau et Marie Rouer se sont mariés à l’église Sainte-Catherine de la Flotte, île de Ré, le 20 avril 1643. Le 22 mars de l’année suivante, le curé J. Lefebvre baptise leur premier enfant, Gilles, lequel fera souche au Canada. Puis, en 1649, naît Jean. Il reçoit le baptême, le vendredi, sixième jour du mois d’août, devant Guillaume, parrain et Catherine Proust, marraine. Le prêtre officiant se nomme P. Voussard.

En 1665, on recrute des hommes pour aller travailler en Nouvelle-France... il y a 30 Rétais (habitants de l’île de Ré), dont Gilles Gaudreau, qui débarquent du bateau «le Chat de Hollande», après une traversée de 54 jours. Parti de La Rochelle le 25 avril 1665, il est suivi par son frère Jean qui arrive aussi à Québec, lequel est confirmé à l’église Notre-Dame de Québec le 24 août 1667 par Mgr de Laval.

Jean aurait travaillé dans la ferme d’un habitant de la Côte de Beaupré. Serait-ce chez Nicolas LeRoy? Jean a pourtant reçu une concession de trois arpents de Guillaume Fournier, seigneur de la Pointe-aux-Foins, mais il ne mord pas à l’hameçon et refuse trois autres arpents que lui concédait le seigneur. Il préfère la seigneurie de Vincelot, propriété de la veuve Amiot, mieux connue sous le nom de Geneviève de Chauvigny. Il reçoit de cette «demoiselle» 120 arpents de terre «complantés en bois». À l’occasion du recensement de 1681, on le retrouve toujours à la seigneurie de Vincelot, paroisse de Cap Saint-Ignace. Il possède à cette époque un fusil de chasse et 6 arpents en culture, mais aucune bête.

Arrive sur la concession voisine, le 22 septembre 1663, Nicolas LeRoy, sa femme Jeanne Lelièvre et leurs trois enfants. Le premier rejeton canadien, nommée Marie-Jeanne, naît le 17 août, et est baptisée par l’abbé Louis Ango Des Maizerets devant plusieurs témoins, dont le seigneur Jean-Baptiste Peuvet.

Abusée à l’âge de cinq ans par un percheron nommé Jacques Nourry, elle grandit normalement et devient l’épouse de Jean Gaudreau.

Les descendants de Jean Gaudreau prennent épouses à Québec, Cap-Saint-Ignace, Saint-Thomas, Saint-Grégoire, Nicolet, Windsor Mills, Saint-Hyacinthe, Hudson et même en Allemagne. On y retrouve des mariages avec des Rouher, Tibaut, Vaillancourt, Martin, Métivier, Hébert, Lacombe, Ayotte, Labossière, etc.

On retrace aujourd’hui plus de 150 patronymes et on y ajoute quelques Acadiens qui facilitent (?) les recherches généalogiques. À la neuvième génération de Jean Gaudreau, on retrouve Roland qui part des Cantons de l’Est pour prendre épouse à Saint-Hyacinthe et déménage par la suite dans le comté de Vaudreuil-Soulanges pour devenir homme d’affaires et gérer des commerces en alimentation. Le fils de ce dernier a choisi de prendre sa retraite dans la belle ville de Saint-Eustache avec une artiste de grand talent.

Source: Nos ancêtres et autres,
Recherche et texte: Normand G. Goudreau,
Société de généalogie de Saint-Eustache,
www.linfonet.com/gene/accueil.html