Liste des chroniques

Saint-Laurent et Saint-Eustache

Certains lieux possèdent entre eux des liens privilégiés. Les paroisses de Saint-Laurent, sur l’île de Montréal et de Saint-Eustache sont de ceux-là. De nombreuses familles de Saint-Laurent sont en effet venues s’établir à Saint-Eustache aux 18e et 19e siècles. C’est le cas des Legault dit Deslauriers et des Goyer dit Bélisle, par exemple.

Dans d’autres cas, par contre, les échanges se sont faits dans les deux sens. C’est le cas des Migneron et des Champagne. En 1847, Antoine Migneron, fils d’Antoine et d’Élizabeth Leduc, quitte sa Longue-Pointe natale, au Sud-est de Montréal, pour venir épouser à Saint-Eustache Zoé Champagne, fille de Charles Laplante dit Champagne et de Christine Andegrave dit Champagne. Deux familles différentes, les Laplante et les Andegrave portaient toutes deux le surnom de Champagne.

Antoine Migneron et Zoé Laplante dit Champagne s’établissent d’abord à la paroisse de Saint-Martin, où naît un fils en 1851, qu’ils prénomment Théophile. Exerçant le métier de boulanger, Antoine Migneron et sa famille déménagent à la paroisse de Saint-Laurent au cours des années 1850, où il devient hôtelier. Ils conservent cependant des liens avec Saint-Eustache: le père de Zoé, Charles Champagne, occupait en effet l’immense terre de la Rivière-Sud, plus tard connue comme la «terre des Barbe». L’école polyvalente de Deux-Montagnes et la gare de Deux-Montagnes se trouvent d’ailleurs sur cette terre. C’est avec cette exploitation agricole qu’il devient en 1890 le premier médaillé du Prix du Mérite agricole de la Province de Québec.

Théophile Migneron

Théophile Migneron, le fils d’Antoine et de Zoé, revient à Saint-Eustache en 1889 pour épouser une lointaine cousine, Virginie Champagne, fille du notaire Cyrille Champagne et de Joséphine Lefebvre. Le notaire est issu de la souche Andegrave des Champagne. Le couple Migneron retourne cependant vivre à la paroisse de Saint-Laurent.

En 1884, cinq ans avant son mariage, Théophile y avait acheté la licence d’hôtelier de son père. Il fait aussi le commerce du bois et du charbon avec un associé, Édouard Gohier, avec qui il va bientôt s’occuper de politique municipale. En 1886, Théophile obtient du Conseil municipal de Saint-Laurent le contrat pour installer un premier aqueduc dans le village. Il exerce ensuite la charge de Commissaire d’écoles.

En 1895, il se présente à l’élection municipale et devient échevin, puis pro-maire. En 1901, il devient maire de la paroisse de Saint-Laurent en remplacement de son associé Édouard Gohier, poste qu’il occupe jusqu’en 1903. Il est intéressant de noter que pendant ce temps son beau-père, le notaire Cyrille Champagne, occupait les postes de secrétaire-trésorier à la fois de la municipalité ainsi que de la Commission scolaire de Saint-Eustache. La volonté de remplir des charges sociales courrait donc dans la famille! Théophile Migneron est décédé le 19 avril 1939 à Saint-Laurent, à l’âge de 87 ans.

Les liens avec la famille Champagne continuent à se tisser. Un des fils de Théophile, Raoul, épouse en effet en 1927 à la paroisse de Saint-Laurent une autre Champagne, Lucienne. Quant à Saint-Eustache, le nom de Migneron y restera surtout connu par Léon, le pharmacien de la Grande Rue, dont plusieurs se souviennent.

Recherche et texte: Marc-Gabriel Vallières
Société de Généalogie de Saint-Eustache

Afin de mieux faire connaître son histoire, la Ville de Saint-Laurent a distribué gratuitement les livres et brochures suivants à ses citoyens:

Mario Nadon, Les maires de Saint-Laurent et les Conseils municipaux: une histoire à découvrir, Saint-Laurent, Ville de Saint-Laurent, [s.d.], 121 p.

Mario Nadon, Les rues de Saint-Laurent, répertoire toponymique: un patrimoine à découvrir, Saint-Laurent, Ville de Saint-Laurent, [s.d.], 121 p.

-, Saint-Laurent, une histoire de plus de 450 ans, Saint-Laurent, Ville de Saint-Laurent, 1992, 16 p.

On consultera aussi:

Rumilly, Robert, Histoire de Saint-Laurent, Montréal, Librairie Beauchemin, 1969, 310 p.



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