Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Dubé

Mathurin Dubé, l’ancêtre, serait arrivé en Amérique en 1659 où en 1660 avec Mgr de Laval, pour qui il aurait travaillé un certain temps. Un acte du notaire Paul Vachon nous apprend que l’évêque de Pétrée concède à son serviteur une terre dans la paroisse Saint-Jean de l’île d’Orléans.

Mathurin est prêt à prendre femme. Il choisit Marie Campion, une adolescente de seize ans, qui fait partie des filles du roi qui viennent d’arriver sous la direction d’Anne Gasnier et d’Élisabeth Estienne.

«Les filles du roi, comme leurs devancières, écrit Silvio Dumas (1), ont été des courageuses. On a pu écrire d’elles qu’elles sont venues au Canada pour tenter de se bâtir un avenir meilleur que celui qu’elles auraient réussi en France, mais cela n’enlève rien à leur geste courageux. L’immigration vers les colonies lointaines était mal vue dans la mère patrie à cette époque. Ne savait-on pas, par les Relations des Jésuites, que le Canada était un pays au rude climat, fermé à toutes communications pendant six mois de l’année et soumis au péril iroquois? Émigré dans ce pays neuf, qu’on décrivait en certain milieu comme «un pays d’horreur», était peut-être une aventure à tenter pour des hommes mais non des femmes.

Aussi, ne peut-on pas nier qu’elles possédaient une forte dose de courage».

C’est devant le notaire Romain Becquet, le 28 août 1670, que Mathurin Dubé et Marie Campion signent leur contrat de mariage. Mathurin déclare être le fils de feu Jean Dubé et de Renée Suzanne de la «chapelle de May», près de Fontenay. De son côté, Marie Campion est la fille de Pierre et de feue Marguerite Esnau (Hénault) de la ville de Saint-Malo, en Bretagne. Plusieurs témoins signent alors le contrat de mariage, sauf les mariés. Le mariage religieux a lieu six jours plus tard, dans la maison de Mathurin Dubé, à Sainte-Famille de l’île d’Orléans.

Lors du recensement de 1681, Mathurin habite Saint-Jean de l’île d’Orléans, il est âgé de 50 ans, sa femme de 27 ans. Ils ont à cette époque cinq enfants: Mathurin, Madeleine, Louis, Pierre et Charles. Mathurin n’exploite que trois arpents de terre et ne possède qu’une vache, pourquoi si peu? Il aurait travaillé comme fermier pour Mgr de Laval, dans un premier temps puis, pour deux autres importants personnages en 1684 et en 1686, ce qui lui laisse peu de temps pour agrandir sa propre terre.

De la deuxième à la septième génération, les Louis, Joseph, Augustin, François, Joseph et Joseph-Guillaume Dubé s’allient aux Boucher, Morin, Marcouillier, Lemay, Durant et Ringuet. Ils sont passés par Kamouraska, Yamachiche, Louiseville et Saint-Alexis-des-Monts.

À la huitième génération, Roméo Dubé épouse à Montréal Juliette Roy. Le couple a une fille prénommée Jacqueline. Cette fille, Jacqueline Dubé, épouse à Sainte-Marie-à-la-Coque de Montréal, le 9 décembre 1950, J. Raymond André Gamache. Le couple a un enfant que l’on baptise Martine. Vous avez compris que, si la semaine dernière, nous avons fait la descendance du père, cette semaine nous avons fait celle de la mère de Martine.

En plus d’être artiste et femme d’affaires, Martine Gamache s’investit dans son milieu. Elle siège, depuis 1997, au conseil d’administration de la Chambre de commerce Saint-Eustache, Deux-Montagnes, Sainte-Marthe-sur-le-Lac et, depuis 1998, à celui de la Société du Musée de Saint-Eustache et de ses Patriotes. Elle est aussi membre de plusieurs associations artistiques et culturelles.

Elle tient une exposition solo de ses oeuvres au manoir Globensky (deuxième étage) jusqu’au 9 novembre. Venez la rencontrer.

(1) Les filles du roi en Nouvelle-France, SHQ (1972).

Source: Nos ancêtres, numéro 4

Recherche et texte: Claude Latour