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HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Lettre de France

Voici le texte d’une lettre que nous avons reçue de France, pour la famille René Desmarais, le 17 juin 2000:

«Depuis quelques mois, je vois, sur la feuille Internet de Secondigny, votre généalogie qui m’amène à vous apporter quelques informations.

Comme vous, je suis à la retraite et, pour entretenir mes neurones, je m’intéresse à l’histoire. À ce titre, je gère la partie historique de l’association des anciens de Secondigny où je passe une semaine chaque mois. Les renseignements ci-après sont, bien sûr, donnés avec les réserves d’usage concernant une époque aussi troublée que le XVIIe siècle en France.

Votre aïeul devait s’appeler René Abraham Desmarais. René Abraham étant les prénoms et Desmarais le nom propre. Si non, il se serait appelé René Abraham du marais, c’est-à-dire habitant du marais.

Il ne serait pas né à Secondigny-en-Gâtine, 35 km de Niort, préfecture des Deux-Sèves, mais à Secondigny-sur-Belle, canton de Brioux, à 20 km au sud de Niort (détail dans le morceau de la vieille carte).

Les historiens et les généalogistes font constamment la confusion entre les deux bourgs. Avant la Révolution française, Secondigny dépendait de l’évêché de la Rochelle et Secondigné, souvent écrit Secondigny, de celui de Poitier. En 1790, en créant le département des Deux-Sèves, le législateur, pour éviter la confusion, a prolongé les deux noms, ci-après l’extrait que j’ai ajouté au préambule de la monographie sur Secondigny:

Confusion avec Secondigné-sur-Celle canton de Brioux

Avant la révolution, la paroisse de Secondigny (en Gâtine) dépendait du diocèse de la Rochelle, via l’archiprêtré d’Ardin. Le «patron» de la maison curiale ou «décimateur», qui en percevait le revenu, était l’abbé de l’abbaye de Bourgeuil. En 1789, le curé était Jean Motte. L’église est dédiée à Sainte-Eulalie.

Dans les archives de l’évêché de Poitiers, avant la révolution, Secondigny désigne parfois l’actuel Secondigny-sur-Belle, dont il dépendait via l’archiprêtré de Melle. Le «patron» de la maison curiale étaient l’abbesse et les religieuses de la Trinité de Poitiers. En 1789, le curé était Charles Pèlerin de la Salmandière. L’église est dédiée à Saint-Pierre.

Dans certains cas, y compris le Dictionnaire des familles du Poitou de Beauchef-Filleau, Secondigny désigne Secondigné-sur-Belle! Danger de confusion...

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Votre aïeul, avec le prénom biblique Abraham, devait être de religion protestante et, comme beaucoup, a préféré quitter la France plutôt qu’abjurer se religion. René est un prénom fréquent à cette époque, chez les protestants, en souvenir de Renée de France, fille d’Anne de Bretagne et Louis XII, protectrice de la Réforme.

Les naissances, mariages et décès des protestants n’étaient pas inscrits sur les cahiers d’états civils tenus par les curés des paroisses et, de ce fait, ils n’avaient pas d’existence légale, ce qui rend les recherches difficiles. Mais je ne vois aucun nom de votre généalogie dans les archives de Secondigny-en-Gâtine.

Vous avez néanmoins la possibilité de vous renseigner au centre de généalogie de la Couarde, proche de Secondigné-sur-Belle; c’est le centre du souvenir pour les protestants du Poitou. Je crois me souvenir qu’il existe dans ce petit bourg un musée et un centre de documentation, vous devez pouvoir trouver les coordonnées dans Internet.

Ci-joint une copie des dates historiques importantes de cette époque pour les protestants.

Merci de transmettre ces renseignements à la famille Desmarais.

Bon courage dans vos recherches.
Claude Julliot,

Les Marquetières, Saint-Germain de la Coudre, France

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Merci, M. Claude Julliot, de nous avoir éclairé sur les origines de la famille Desmarais.

Claude Latour,
Société de généalogie de Saint-Eustache