Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

De vieilles familles nobles

À la chute de la Nouvelle-France en 1760, certaines familles seigneuriales sont retournées en France, d’autres sont restées au pays. Plusieurs de ces membres de la vieille noblesse française ont tenté, au début du régime anglais, de continuer à former une élite canadienne, mais peu à peu, les difficultés économiques aidant, ils se sont mêlés aux habitants et leur sang coule aujourd’hui en partie dans nos veines. Regardons de plus près trois de ces familles.

La seigneurie des Mille-Îles a été concédée d’un seul tenant, et allait des limites de la seigneurie de Terrebonne, à l’est, jusqu’à celles de la mission du lac des Deux-Montagnes, à l’ouest. Ce n’est qu’à partir des années 1730 que la seigneurie commence vraiment à être gérée en deux parties distinctes, la Rivière-du-Chêne à l’ouest et Blainville à l’est.

Le premier village à se développer est celui de Saint-Eustache. La paroisse de Sainte-Thérèse ne sera formée que plus tard. C’est donc au village de Saint-Eustache que viennent s’établir la seigneuresse Marie-Anne-Thérèse Céloron de Blainville et son époux, Jacques-Marie Nolan-Lamarque, même si le village n’est pas situé dans sa moitié de seigneurie. Ils habitent un emplacement situé sur le côté sud-ouest de la rue Saint-Eustache, là où se trouve aujourd’hui la maison connue de tous comme la maison du docteur Corriveau.

Le premier Céloron arrivé en Nouvelle-France avait été le grand-père de Marie-Anne-Thérèse, Jean-Baptiste, fils et petit-fils de secrétaires du roi Louis XIV. Fille de Louis-Jean-Baptiste Céloron de Blainville et de Suzanne Piot de Langloiserie, elle épouse Jacques-Marie Nolan-Lamarque en 1770 à Lachenaie. Lorsque en 1786 le fils de la seigneuresse, Louis-Marie, décède à l’âge de 13 ans, c’est sous l’église de Saint-Eustache qu’il est enterré, de même que son époux, trois ans plus tard. En 1795, Marie-Anne-Thérèse Céloron de Blainville vend sa maison de la rue Saint-Eustache et déménage dans sa seigneurie.

Une autre noble résidente de Saint-Eustache, à la même époque, est Marie-Anne de Niverville, fille de Jean-Baptiste Boucher de Niverville, seigneur de Chambly, et de Marguerite Hertel, de la Fresnière. Elle avait épousé un militaire de carrière en 1740, Frédéric-Louis Herbin, mais celui-ci retourne en France en 1760, laissant ici sa femme et ses enfants.

C’est en 1789 que Marie-Anne de Niverville achète une terre dans la côte du Lac, à la limite actuelle entre les villes de Saint-Eustache et de Deux-Montagnes, ainsi qu’une maison rue Saint-Eustache. Sa fille Louise-Marguerite Herbin épouse Samuel Mackay, qui sera le patriarche de la famille Mackay à Saint-Eustache. Sous ce patronyme, plusieurs descendants de Marie-Anne de Niverville habitent encore la région.

Une troisième famille de la noblesse de la Nouvelle-France habite non pas Saint-Eustache, mais plutôt la mission du Lac-des-Deux-Montagnes, aujourd’hui connue sous le vocable d’Oka. Il s’agit de la famille d’Ailleboust. Leur maison, appelée manoir d’Argenteuil, coupe fièrement le bord du lac sur la rue des Anges, à côté du quai et de la traverse.

Les plus anciens Ailleboust connus sont Pierre d’Ailleboust, médecin du roi François 1er, et son fils Jean, premier médecin du roi Henri IV. Arrivé à Montréal en 1643, le petit-fils de Jean, Louis d’Ailleboust de Coulonge, devient gouverneur de Montréal en 1645 à la place de Maisonneuve, puis troisième gouverneur de la Nouvelle-France, en 1648. C’est à Charles d’Ailleboust des Musseaux, neveu de Louis, qu’est concédée la seigneurie d’Argenteuil en 1680. Lieutenant de la garnison de Montréal sous Maisonneuve puis bailli de la sénéchaussée, il n’occupera jamais sa charge de seigneur d’Argenteuil. C’est son fils Pierre d’Ailleboust d’Argenteuil qui deviendra le véritable premier seigneur mais pour peu de temps, puisqu’il meurt en 1711. C’est son épouse Marie-Louise Denys de la Ronde qui développera la seigneurie et y construira, entre 1721 et 1724, le manoir qui existe toujours.

Recherche et texte:
Marc-Gabriel Vallières
SGSE
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