Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Jean Beauchamp dit le Petit Beauchamp

Deux frères Beauchamp, Jacques et Jean, arrivent en Nouvelle-France, au début de la seconde moitié du XVIIe siècle et s’établissent à Montréal. Ce sont les ancêtres au Canada et aux États-Unis des famille Bauchamp, Bochant, Bauchant, et Beauchamp. Celui que nous suivons aujourd’hui est Jean Beauchamp dit le «Petit Beauchamp». Baptisé le 8 mai 1644, il est le fils de Michel Deschamps, alias Beauchamp, et de Marie Roullet, originaire de Notre-Dame de Cogne, ville de la Rochelle dans l’ancienne province française de l’Aunis.

La première trace que l’on trouve de lui dans les archives et dans les registres de Notre-Dame de Montréal c’est son acte de mariage daté du 23 novembre 1666 où il épouse, ce jour-là, Jeanne Loisel. Mais qui est Jeanne Loisel? Elle est la fille de Louis Loisel et de Marguerite Charlot. Elle est aussi la première fille de race blanche à être baptisée à Montréal, soit sept ans seulement après sa fondation, et à s’y être mariée. Elle est, de plus, la première élève de sœur Marguerite Bourgeoys, la fondatrice de la Congrégation Notre-Dame, et c’est dans la maison de celle-ci qu’elle passe son contrat de mariage.

En 1681, lors d’un recensement nominal des colons, on peut lire sur la famille de l’ancêtre l’intéressant rapport que voici: «Jean Beauchamp, 43 ans, Jeanne Loisel, sa femme 34 ans, les enfants Marie 12, Françoise 10, Jean 5, Pierre 2, 1 fusil, 3 bêtes à cornes, 9 arpents en valeur. Jean Beauchamp et Jeanne Loisel auront par la suite quatre autres enfants.

Le 27 janvier 1693, il reçoit du curé et des marguilliers de Pointe-aux-Trembles un emplacement de trente-cinq pieds de largeur par soixante-dix pieds de profondeur sur la rue Saint-Jean et, le 4 mars suivant, les seigneurs de l’île de Montréal lui concèdent au même endroit, sur la rue Saint-François, un emplacement de vingt-six pieds par dix-neuf pieds. Peu de temps après, soit le 8 février 1693, son frère Jacques décède et Jean est appelé à agir comme procureur pour ses neveux, pour le partage des biens de son frère.

Le 21 janvier 1700, «malade dans sa maison, assis sur une chaise, mais sain d’esprit», Jean règle ses dettes avant de mourir, reconnaissant devoir à Pierre Lamoureux de Saint-Germain, 769 livres, 4 sols et 4 deniers. Faut dire que l’ancêtre Jean a été en dette toute sa vie. Avec son curé, avec ses voisins, enfin, avec tout le monde ou presque. Mais il payait. Il dicte ensuite son testament au notaire Adhémar. Il fait dire cinquante messes de requiem pour le repos de son âme et donne, de plus, au curé Chaigneau, 200 livres qu’il doit employer comme entendu secrètement avec lui. Il décède à Pointe-aux-Trembles le 4 mai 1700. Le notaire Cusson dresse l’inventaire des biens le 5 janvier 1701. Sa veuve lui survit quelques années et est inhumée à Montréal le 4 octobre 1708.

Montréal et la région se partagent une grand partie de la descendance de Jean Beauchamp et de Jeanne Loisel. Jusqu’à la neuvième génération, les Beauchamp s’allièrent aux Muloin, Filion, Duquet, Corron, Delage, Presseau et Champagne. Ils habiteront Repentigny, Lachenais, Saint-Eustache, Saint-Benoît et Sainte-Dorothée.

À la neuvième génération, François-Xavier Beauchamp épouse en premières noces Octavie Glaude. Un seul enfant est né, François-Xavier; il est sacristain de la paroisse de Saint-Eustache pendant 29 ans. Il épouse, à Saint-Eustache, Délisca Lemay. Deux enfants naissent de cette union: Jean-Paul qui épouse à Saint-Eustache Anita Proulx et Jeanne qui épouse Roland Fillion.

Yvon Bergeron,
Société de généalogie de Saint-Eustache