Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Barbary dit Grandmaison

Pierre Barbary, aussi appelé Barbarin dit Grandmaison, est né vers 1650 dans la paroisse de la Pécaudière, à Thiviers, de l’arrondissement Nontron, dans l’ancienne province du Périgord, aujourd’hui dans le département de la Dordogne.  Pierre Barbary est le fils de Pierre et de Marguerite Beloy.

Pierre Barbary dit GrandMaison est soldat de la compagnie de Contrecoeur, du régiment de Carignan -Salières, quand il arrive en Nouvelle-France, le 18 août 1665, à bord du navire L’Aigle d’or.  Dans un premier temps, il aide à la construction de forts le long de la rivière Richelieu, appelée à l’époque la rivière des Iroquois puis, l’automne suivant, il participe à une mission, dite punitive, à l’endroit des Cinq Nations, entreprise par M. de Tracy.  A son licenciement, on le retrouve sur une terre de la Côte Saint-Sulpice qui, à ce moment-là, s’ouvre à la colonisation. Cet endroit s’appelle plus tard, Côte de Lachine.

Moins de trois ans plus tard, Pierre Barbary  dit Grandmaison passe un contrat de mariage devant le notaire Basset avec Marie Lebrun, originaire de Saint-Jacques de Dieppe, de Rouen en Normandie.  Elle est la fille de Jacques Lebrun et de Marie Michel.  Il s’engage, ce jour là, à l’épouser à Ville-Marie (Montréal) le 24 février 1668.  Dix enfants sont nés durant les vingt années qui suivirent puis, au matin d’une nuit d’orage, le malheur les frappe de plein fouet !

Au printemps de 1687, le roi  envoie en Nouvelle-France douze compagnies des troupes de la marine sur une escadre de six vaisseaux car le gouverneur Denonville est inquiet de la guerre de guérilla menée par les tribus Iroquoises contre la colonie.  Le 13 juin 1687, une bonne partie de l’effectif de la colonie quitte Montréal en direction des Cinq Nations iroquoises.  Denonville et ses 1200 soldats font prisonnier une trentaine d’Iroquois et quelques 90 femmes et enfants, en utilisant des astuces forts contestables.  Certains prisonniers sont envoyés  en France pour servir sur les galères du roi.  Les troupes de Denonville détruisent tout sur leur passage, jusqu’à  leur moisson et  leurs réserves de vivres...  La victoire est complète et les survivants seront décimés par la famine qui suivra. Les Iroquois décident de venger les leurs, tués, emprisonnés ou devenus esclaves.  Le 5 août 1689, ils sont sur un pied de guerre et quatorze cents d’entre eux débarquent sur l’Île de Montréal, à la hauteur de Lachine.  Ils profitent d’une nuit orageuse pour se disperser et se mettre en position pour une attaque massive.  Au lever du jour, ils massacrent plus de deux cents personnes, hommes, femmes et enfants puis, font une centaine de prisonniers qu’ils torturent et brûlent par la suite.

La terreur s’empare de la colonie.  Denonville est rappelé en France par le roi qui le remplace par Louis de Buade, mieux connu sous le nom de Frontenac, c’est son deuxième séjour en Amérique.  Cet homme de 67 ans semble être le seul homme capable de ramener à la raison Anglais et Iroquois. Il entreprend, dès son arrivée. la fortification de Montréal, Trois-Rivières et Québec.

Pierre Barbary dit Grandmaison, sa femme Marie Lebrun et une grande partie de leurs enfants n’ont pas eu de veine.  Pierre Rochon écrit  "Durant les vingt années du couple, dix enfants naissent.  Trois seuls réussissent à fonder un foyer, les autres sont morts très jeunes, brûlés ou tués avec les parents, par les Iroquois dans la fameuse nuit du massacre de Lachine, le 5 août 1689 ". Hommage à tous les Barbary et Grand’Maison.

Merci à André Carrière et  Damasse Toupin, pour leurs précieux écrits sur cette famille.

 

Claude Latour

SGSE