Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Les Mackay, militaires et notaires

La famille Mackay, encore bien présente dans la région de Saint-Eustache, est issue de deux frères, Samuel et Francis, émigrés d’Écosse en Amérique à la fin des années 1750. Ils étaient les fils de Stephen Mackay, un officier mercenaire écossais.

Né vers 1737, Samuel a voulu très tôt suivre les traces de son père et n’aurait eu qu’une douzaine d’années lorsqu’il s’est engagé comme joueur de cornet dans l’armée hollandaise. En 1756, il joint l’armée anglaise comme enseigne dans le 60e régiment royal américain. Il participe à la Guerre de sept ans puis aux premières années de la Guerre d’indépendance américaine. En 1778, il était capitaine.

S on frère Francis obtient la charge d’inspecteur général des forêts pour l’Amérique du Nord britannique, charge qu’il concède à Samuel en 1771. Les deux frères épousent des Canadiennes-Françaises et viennent s’établir dans la région de Saint-Eustache. Francis, devenu François, épouse Marie-Anne Marchand alors que Samuel épouse Marguerite Herbin, fille du chevalier Louis Herbin et de Marie-Anne de Niverville.

De Samuel Mackay et Marguerite Herbin naît Stephen, ou Étienne, en 1779. Comme son père et son grand-père, il est attiré par les armes. Il s’engage dans la milice d’élite incorporée lors de la guerre de 1812 et devient capitaine du deuxième bataillon. Il reste sous les drapeaux jusqu’en mars 1815. Par la suite, il va devenir un des notaires les plus actifs à Saint-Eustache. Il obtient sa commission de notaire le 1er mars 1821 et le demeure jusqu’à son décès en 1859. Il épouse Marie-Françoise Globensky, fille d’August-Franz et de Françoise Brousseau, à Saint-Eustache en 1805. Parmi leurs enfants, on retrouvera un autre Stephen, qui deviendra lui aussi notaire à Saint-Eustache comme son père et Auguste, qui s’établira comme notaire à Sainte-Scholastique.

La signature du notaire Stephen Mackay, père, au bas d'un acte de 1822. Archives nationales du Québec.

De François Mackay et Marie-Anne Marchand naît un fils, John, en 1765. Celui-ci épouse Marie-Louise Doré, fille d’Étienne et de Marie-Louise Coron, à Saint-Eustache, en 1788. Il s’engage comme son cousin Stephen dans la milice d’élite incorporée et devient capitaine du premier bataillon le 25 mai 1812. Il a aussi été enseigne au King’s Royal Emigrant Regiment, puis au 75e et au 60e régiments.

Trois fils de John Mackay et Marie-Louise Doré vont aussi servir le pays pendant la guerre de 1812. Louis-Eustache, né en 1788, devient enseigne dans le premier bataillon de la milice d’élite incorporée le 14 août 1812, puis lieutenant le 25 mars 1813. John-Francis, né en 1790, est premier lieutenant le 15 avril 1812, puis capitaine le 25 janvier 1814, au bataillon des Voltigeurs canadiens. Samuel-Étienne, né en 1792, est nommé capitaine dans le cinquième bataillon des Chasseurs canadiens le 25 septembre 1812.

La milice du Bas-Canada, à cette époque, est formée dans chaque paroisse de la milice dite sédentaire ou locale. La loi exige que tous les hommes de 16 à 60 ans s’exercent aux activités militaires pendant une fin de semaine par année, au mois d’avril. La milice d’élite incorporée est formée par des officiers qui sont chargés de diriger la milice locale. Il existe enfin d’autres régiments particuliers, comme les Chasseurs et les Voltigeurs, chargés de missions spécifiques.

Les cinq Mackay qui servent dans la guerre de 1812-1815 reçoivent tous leur congé de l’armée en mars 1815, à l’exception de John-Francis, qui reçoit sa demi-solde le 25 juillet. Pendant les évènements de 1837, deux Mackay serviront à nouveau sous les drapeaux pour l’armée anglaise. Louis-Eustache sera le lieutenant de Maximilien Globensky dans la première compagnie de milice volontaire, alors qu’Adolphe, fils de Louis-Eustache, s’engage dans la cavalerie.

Au vingtième siècle, plusieurs membres de la famille continuent les traditions, notamment dans le notariat, à Montréal et dans l’Outaouais. Entre 1821 et 1963, onze Mackay ont obtenu une commission de notaire dans la province de Québec! Voilà donc une famille qui possède une riche histoire, bien implantée dans notre région.


Quelques références:

Recherche et texte:
Marc-Gabriel Vallières
Société de généalogie de Saint-Eustache