Liste des chroniques

HISTOIRES DE NOS FAMILLES

Olivier Charbonneau

Gérard Lebel, c.ss.r., écrit qu’en France, le mot Charbonneau rappelle le métier de marchand de charbon, et qu’il évoque aussi un ancêtre généreux, père d’une nombreuse et remarquable descendance.

Olivier Charbonneau est né à Marans, chef-lieu de la Charente-Maritime actuelle dans l’arrondissement et évêché de La Rochelle. Il est veuf de Marguerite Roy quand il se remarie, vers 1656, avec Marie Grenier de Marans. Le couple a une fille appelée Anne.

Qu’est-ce qui pousse les ancêtres, Olivier Charbonneau, Simon Cardinal et Pierre Goguet, aujourd’hui Goyer, à quitter leur pays pour la Nouvelle-France? Le mieux-être sûrement car, à cette époque, rien n’est facile en Europe. C’est au printemps 1659 qu’Olivier décide d’améliorer son sort en immigrant en Nouvelle-France. Il se rend à Larochelle, probablement par le vieux canal, ce qui lui donne seulement 21 kilomètres de trajet. Plusieurs gens comme lui veulent partir au plus tôt sur le Saint-André. Puis des difficultés surgissent, les frais de passage de la majorité des engagés, qui doivent être remboursés au retour du navire, sont exigés avant le départ. Les Charbonneau ne peuvent pas payer comptant et demandent de l’aide de Jeanne-Mance.

Olivier s’engage par devant notaire Montereau de lui remettre, avant deux ans, un montant de 175 livres, soit ses frais de passage, ceux de sa femme et de son enfant. De plus, Jeanne-Mance qui leur fournit un coffre de bois pour transporter leur effets personnels et leur assure aussi la subsistance durant toute la traversée. Les Charbonneau quittent leur beau pays, mais quittent aussi la misère. Olivier acquitte sa dette envers Jeanne-Mance dix ans plus tard, le 10 novembre 1669.

Les Charbonneau et les autres passagers ne sont pas au bout de leurs peines, car le Saint-André ne lève pas l’ancre avant le mois de juillet. Pendant ce temps, où habitent les Charbonneau? Chez des amis à Larochelle? Sur le vieux rafiot qui doit les transporter outre-mer? Ou tout simplement sont-ils retournés dans leur logis de Marans?

Enfin, le 29 juin, c’est le départ, mais à peine sorti du port, le navire affronte une terrible tempête et doit rebrousser chemin, car ils ont perdu leur amiral, ils reviennent au quai. Puis, le 2 juillet, le vieux bateau de 300 tonneaux reprend la mer en direction du Nouveau-Monde.

Selon E.Z. Massicotte, cette grosse carcasse de bois avait servi pendant deux ans d’hôpital aux troupes de la marine sans avoir subi de quarantaine, et se trouvait infectée. À peine est-elle en océan que la contagion se déclare et gagne une partie des passagers. Jeanne-Mance elle-même soutient avec courage les inconvénients de la maladie. On jette huit à dix corps à la mer, les vivres baissent dangereusement, et l’eau fait défaut. Ce cauchemar dure deux mois, puis un bon matin la terre est en vue. Le 7 septembre au soir, les voiles françaises s’immobilisent devant Québec. Les arrivants, au nombre d’environ 130, affirme le père Jérôme Lalemand dans le journal des jésuites, apportaient leur fièvre contagieuse qui se communiqua à plusieurs personnes au pays.

À Québec, c’est dans le magasin de Montréal que l’on loge les arrivants, endroit où l’on range la marchandise et articles destinés à Ville-Marie mais il n’y a pas de trace d’Olivier Charbonneau et de sa famille. Où sont-ils donc passés? (À suivre.)

Source: Nos Ancêtres.

Claude Latour,
Société de généalogie de Saint-Eustache,
103, rue de Bellefeuille,
Saint-Eustache (Québec) J7R 2K5