Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Du «T. Carli»
dans l’église de Saint-Eustache

Un des grands intérêts de trouver parmi nos ancêtres des gens de souche non française est que cela nous permet d’explorer l’histoire, la géographie et la culture de régions du globe que nous connaissons moins. Ainsi en est-il de la famille Carli, originaire du nord de l’Italie, venue fréquenter Saint-Eustache-sur-le-Lac, aujourd’hui Deux-Montagnes, à partir des années 1940.

Station du chemin de croix de T. Carli à l'église de St-Eustache

C’est à la fin des années 1850 que Thomas Carli arrive à Montréal de son Italie natale. Il a vu le jour le 3 septembre 1838 dans le village de Coreglia Antelminelli, dans les montagnes de la Toscane, au nord-ouest de Florence. Ses parents étaient Frediano Carli, né le 29 août 1796, et Violante Bernini, née à Viareggio. La Toscane était célèbre, à cette époque, pour ses «figuristi», c’est-à-dire sculpteurs de petites figurines de plâtre, qu’ils vendaient pour assurer leur subsistance. Malheureusement pour nous, l’Italie est un des pays d’Europe où la généalogie est la plus ardue, les registres n’ayant pas tous été conservés ou n’étant pas toujours accessibles.

C’est comme sculpteur et statuaire que Thomas Carli s’établit à Montréal. Son art est alors très en demande, notamment pour la décoration des églises, que l’on construit à grands frais en cette seconde moitié du XIXe siècle. D’abord probablement associé à Georges Baccerini puis à Carlo Cattelli, il dirige ensuite seul son entreprise avec ses fils, la compagnie T. Carli.

En 1860, il épouse Mathilde Pichette à la paroisse Notre-Dame de Montréal. Cette dernière est la petite-fille d’un employé de la Compagnie de la Baie d’Hudson, James Hay, né vers 1781 dans l’île d’Orkney, au nord de l’Écosse. Thomas Carli et Mathilde Pichette ont ensuite treize enfants, dont huit atteignent l’âge adulte:

Crucifix de T. Carli à l'église de St-Eustache

Alexandre, né en 1861, épouse Edwidge Couture en 1880. Il enseigne le moulage à l’École des Arts et Manufactures, précurseur de l’École des beaux-arts. Ferdinand, né en 1865, épouse Mathilda Chartrand en 1891; Edmond, né en 1866, épouse Sophie Martineau en 1890; Marie-Louise, née en 1870, épouse Joseph-Antoine Deniger en 1894; Charles, né en 1872, épouse Georgianna Poitevin en 1891, et Flore Morache en 1905; Albina, née en 1880, épouse Joseph Lachance en 1902; Berthe, née en 1882, épouse Joseph-Emmanuel Gagné; Léonilda, née en 1885, épouse Adrien Lefebvre en 1910.

Après la mort de Thomas Carli en 1906, l’entreprise de statuaires continue à prospérer sous la direction de ses quatre fils jusqu’en 1912, puis d’Alexandre et Edmond seuls. Par la suite, ils s’associent à la famille Petrucci pour continuer la production sous le nom de T. Carli et Petrucci. L’entreprise ferme définitivement ses portes à la fin des années 1960, victime des changements survenus dans la liturgie et la pratique religieuse.

Dans notre région, l’atelier de Thomas Carli nous a donné, entre autres, l’admirable chemin de croix ainsi que le grand crucifix de l’église de Saint-Eustache et la magistrale statue de Saint Augustin, dans le choeur de l’église du même nom. Examinez bien le côté de la base du grand crucifix de Saint-Eustache et vous pourrez y voir la signature de l’atelier T. Carli. Si vous cherchez bien, vous pourrez aussi la trouver sur l’encadrement d’une des stations du chemin de croix.

C’est Maurice Carli, le fils de Charles et de Flore Morache, qui s’établit à Saint-Eustache-sur-le-Lac avec son épouse Florence Gagnier. Leur fille Fernande épouse Laurent Trudeau, fils d’Eugène et de Marthe Raby à la paroisse Saint-Agapit de Saint-Eustache-sur-le-Lac en 1949. De leurs cinq enfants, Jocelyne, Jacques, Suzanne, Marc et Maryse, quatre habitent toujours la région avec leurs familles.
Recherche: Jocelyne-F. Carli-Trudeau
Texte: Marc-Gabriel Vallières
Société de généalogie de Saint-Eustache
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