Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Paul Sauvé, 40 ans déjà

Claude Latour

Le fondateur de l’Union nationale, Maurice Duplessis, premier ministre du Québec, n’est plus. Il meurt subitement à Schefferville le 7 septembre 1959. C’est Joseph-Migneault-Paul Sauvé qui le remplace et devient le vingt et unième premier ministre du Québec le 11 septembre de la même année.

Paul Sauvé (1907-1960)

Paul est né le 24 mars 1907, à Saint-Benoît (Mirabel). Il est député conservateur de 1930 à 1935, député de l’Union nationale du comté des Deux-Montagnes à l’Assemblée législative de 1936 à 1960 et orateur à l’Assemblée législative de 1936 à 1940. De 1946 à 1959, il est ministre du Bien-être social et de la Jeunesse dans le cabinet de Maurice Duplessis. Il est aussi nommé lieutenant colonel et commandant des fusiliers Mont-Royal en 1944. Il décède subitement à Saint-Eustache le 2 janvier 1960. Partout au Québec, c’est la consternation.

À la suite de sa nomination à Québec, l’honorable Paul Sauvé revient dans son village et dans son comté comme premier ministre du Québec où un accueil triomphal lui est réservé. Il est accompagné de son épouse, Luce-Paul Pelland, et de ses trois enfants, Pierre, Luce-Paule et Ginette. Ils arrivent par le pont Arthur-Sauvé en limousine décapotable blanche. À la sortie du pont, le cortège passe entre deux rangées de cadets et d’étudiants représentant la jeunesse étudiante du comté, puis il quitte le boulevard Sauvé et s’engage dans la rue Saint-Nicolas, jusqu’à l’école Jacques Labrie, où ses amis, collaborateurs, organisateurs et supporteurs l’accueillent chaleureusement.

Le premier à prendre la parole est un de ses protégés, M. Maurice Dorion. Il est ce jour-là maître de cérémonie. Après avoir souhaité la bienvenue et présenté les autorités, il félicite son chef pour sa nomination comme premier ministre, puis il cède la parole au président de la Commission scolaire, M. Antoine Charbonneau, qui termine son allocution en lui souhaitant santé et longue vie.

Ensuite, c’est au tour du maire Bernard Corbo, de Saint-Eustache, de prendre la parole. Après les félicitations d’usage, il rend hommage à Mme Sauvé et des fleurs lui sont présentées par Mlle Geneviève Dorion (7 ans).

Puis, les orateurs se suivent dans l’ordre: Mgr Louis-Joseph-Rodrigue, curé de Saint-Eustache, M. Georges Chalifoux, maire de Sainte-Scholastique et préfet de comté, le docteur Claude Guilbault, d’Oka, et M. J. Octave Latour, député d’Argenteuil–Deux-Montagnes. Tous félicitent le nouveau premier ministre et ils lui souhaitent à leur tour santé et longue vie. Le moment tant attendu arrive, la tension est palpable, c’est à l’honorable Paul Sauvé de prendre la parole pour la première fois dans son comté, en tant que premier ministre de la province de Québec.

Après avoir fait les remerciements d’usage, il laisse parler ses sentiments: «Une des premières déclarations que j’ai faites, je pense, à la presse et à la radio, quand on m’a demandé si j’avais l’intention de déménager à Québec, j’ai répondu: sans doute mes nouvelles fonctions me contraindront à passer une plus grande partie de mon temps dans la capitale de la province, mais en ce qui me concerne mon foyer, mon attachement profond, il reste dans le comté des Deux-Montagnes.»

Le premier ministre du Québec, Paul Sauvé, a tenu sa promesse. Il s’éteint le 2 janvier 1960 et est inhumé dans le cimetière de Saint-Eustache, dans son comté natal. L’honorable Paul Sauvé, quarante ans déjà.

(Conçu à partir de documents audio.)
Claude Latour,Société d’archives historiques
de Saint-Eustache,
103, rue de Bellefeuille,
Saint-Eustache (Québec), J7R 2K5