Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

La famille Masson

Marc-Gabriel Vallières

La famille Masson est une des trois plus vieilles de Saint-Eustache. Les premiers censitaires qui se voient concéder des terres dans la Grande-Côte en 1729 portent en effet les noms de Delage, Dubois et Masson. C'est le 11 décembre 1729 que les deux co-seigneuresses des Mille-Îles, Marie-Thérèse Dugué, veuve de Charles-Gaspard Piot de Langloiserie, et Charlotte-Élizabeth Dugué, épouse de Jean Petit, concèdent à Pierre Masson, habitant de Terrebonne, une terre de quatre arpents de large située à proximité de l'actuel boulevard Goyer.

Lors de la grande vague de concessions de terres dans la Grande-Côte en avril 1739, on retrouve deux Masson: Pierre et Joseph, qui reçoivent chacun une terre. Deux frères, Pierre et Joseph sont les enfants de Pierre Masson et de Catherine Lefrançois, qui ont émigré de Sainte-Anne de la Pérade à Terrebonne, au début du 18e siècle et qui décéderont à Saint-Eustache.

Pierre et Joseph Masson vont être impliqués dans une tâche importante pour l'avenir de la paroisse: la construction du premier moulin de Saint-Eustache. Contrairement à ce que croient plusieurs d'entre nous, ce n'est pas en 1762 qu'a été commencée la construction du premier moulin de la rivière du Chêne, l'actuel moulin Légaré, mais bien avant la fin du Régime Français, en 1751.

C'est en effet en septembre 1751 que le seigneur Eustache Lambert-Dumont engage Pierre Masson, Antoine Parent et Joseph Masson, au nom des autres habitants de la paroisse, pour la construction de la première digue du moulin de la rivière du Chêne. Cette digue était constituée d'un cadre de madriers, rempli de pierres apportées par les habitants. Longtemps ignoré, ce contrat de convention entre le seigneur et ses censitaires nous permet de mieux connaître l'histoire de notre village.
Contrairement à ce que l'on croit généralement,
ce moulin n'était pas le premier sur ce site...

Le moulin Légaré vers 1898

Pierre Masson avait épousé Marie-Françoise Brouillet en 1727, avant son arrivée à Saint-Eustache. Joseph, quant à lui, épouse Marie-Louise Maisonneuve en 1752. Comme la paroisse de Saint-Eustache n'existe pas encore, c'est dans les registres de Sainte-Rose que nous retrouvons leur union puisque le curé de Sainte-Rose était alors missionnaire à Saint-Eustache. Huit enfants de Joseph Masson et de son épouse vont se marier à Saint-Eustache: Marie-Louise en 1772, Marie en 1777, François en 1779, Marie-Josephte en 1784, Antoine en 1785, Marie-Reine en 1785, Jean-Baptiste en 1787 et Ursule en 1794. De tous ces enfants, c'est la descendance d'Antoine qui fera le plus parler d'elle.

Menuisier de son métier, Antoine épouse Suzanne Payfer le 7 février 1785 à Saint-Eustache. En janvier 1791, ils ont un fils qui est baptisé sous le prénom de Joseph, comme son grand-père. En octobre 1807, ce Joseph Masson est engagé comme commis au magasin-général de Duncan McGillis à la Fresnière. Il y fait son apprentissage du métier de marchand, qui va plus tard faire sa fortune.

Joseph Masson (1791-1847), né à St-Eustache À la fin de son apprentissage, Joseph Masson s'établit à Montréal où il s'associe à Hugh Robertson, un émigré écossais. Leurs affaires vont si bien prospérer que Joseph Masson va devenir celui qu'on a appelé par la suite le premier millionnaire canadien-français!

En décembre 1832, Joseph Masson achète la seigneurie de Terrebonne, vendue à l'encan sur ordre de la cour. Il entre ainsi en possession, outre la seigneurie, de l'île des Moulins, un complexe industriel majeur à cette époque.

Du mariage de Joseph Masson et de Sophie Raymond, la fille d'un huguenot, célébré à Laprairie en 1818, vont naître plusieurs enfants. Leur fils Louis-Rodrigue, après avoir été député de Terrebonne et ministre, va devenir lieutenant-gouverneur de la province de Québec, alors que leur fils Henri épouse Coralie Globensky à Lachine en 1858. Cette dernière, fille du marchand Léon Globensky, était née à Saint-Eustache en 1834.

Encore bien vivante dans la région de Saint-Eustache, la famille Masson peut être fière de son histoire.

Quelques références:

Recherche et texte:
Marc-Gabriel Vallières,
Société de généalogie de Saint-Eustache,
Saint-Eustache (Québec), J7R 2K5
http://www.linfonet.com/gene/accueil.html