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HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Les Gauvin dans les pas des Amérindiens

Hélène Gingras

Dans la seconde moitié du XVe siècle, un homme vogue vers un nouveau monde. Son nom est Jean Gauvin. Un inconnu, me direz-vous. Il n’a pas marqué la scène politique canadienne et il n’a jamais fait de découverte scientifique. Aucun exploit sportif ou chef-d’oeuvre artistique ne le font sortir de l’ombre. Bref, son nom n’apparaît pas dans les livres d’histoire. Pourtant, une part de ce que vous êtes lui revient peut-être. En effet, il est l’ancêtre de tous les Gauvin de vieille souche en Amérique. De ce fait, il mérite notre reconnaissance au même titre que les célébrités dont la vie empreint notre mémoire collective. La Société de généalogie de Saint-Eustache met à votre disposition ses ressources afin de vous aider à découvrir le lien de sang qui vous unit peut-être à ce pionnier de la Nouvelle-France.

Jean Gauvin, fils de Louis et Anne de Lépine, est originaire de Croix-Chapeau, une localité de la province d’Aunis (Charente-Maritime) située à l’ouest de la France. En octobre 1665, il épouse à Québec Anne Magnan, de Saint-Germain l’Auxerrois, archevêché de Paris. De cette union matrimoniale sont issus 10 enfants. L’aîné, Jean-Nicolas, voit le jour à Québec en 1669. Puis, naissent Marie-Anne et Jean-François baptisés à Sillery en 1671 et 1673. Les premiers cris des sept autres rejetons se font entendre à l’Ancienne-Lorette où le couple s’est finalement établi à demeure. Étienne (1676), Jean (1680), Marie-Madeleine (1681), Pierre (1684), Jean-Baptiste (1687), Jacques (1690) et Pierre-Joseph (1694) y font leur entrée dans le monde. C’est là, également, qu’en 1706, Jean Gauvin pousse son dernier soupir à l’âge de 65 ans. Sa veuve lui survit sept ans.

La vie du couple Gauvin-Magnan est marquée par de nombreux déplacements. De côte Saint-François et Saint-Jean (1666) à côte Sainte-Geneviève à Québec (1667), ils passent ensuite par Sillery avant de s’établir définitivement à l’Ancienne-Lorette où une stèle érigée en 1965 leur rend hommage. Si, comme vos ancêtres, vous avez la bougeotte, pourquoi ne pas profiter de la saison estivale pour visiter ces régions et découvrir leur histoire.

Pour ma part, la consultation d’un livre de Jacques Mathieu sur l’histoire de la Nouvelle-France m’a permis d’apprendre que Sillery, située à quelques kilomètres à l’ouest de Québec, est une réserve amérindienne, de 1637 à 1660. Elle constitue la première tentative de sédentarisation et de francisation des Montagnais, des Algonquins puis des Hurons. Ces derniers s’installent par la suite à l’Ancienne-Lorette à une quinzaine de kilomètres au Nord de Québec. Ainsi, Jean Gauvin et son épouse ont vécu dans les pas des Amérindiens. Certains de leurs descendants habitent sur le territoire d’une mission établie par les Sulpiciens dans ce qui fut, jadis, la seigneurie du lac des Deux-Montagnes.

À suivre... Les Gauvin de la deuxième génération
Recherche et texte: Hélène Gingras

Société de généalogie de
Saint-Eustache,

103, rue de Bellefeuille,
Saint-Eustache (Québec) J7R 2K5

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