Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Costé-Côté

Claude Latour

Jean Costé, Cotté, Cottez ou Côté serait originaire de Mortagne au Perche. On le croit parce que nous ne savons pas à quelle date il arrive ici en Amérique mais l'on sait, par contre, qu'il s'attache à l'oeuvre de Robert Giffard, premier seigneur de Beauport. Ce colonisateur recrute la plupart de ses futurs censitaires parmi les compatriotes de son Perche natal et parmi ces hommes qui l'entourent se trouve Jean Costé.

On assure que Costé débarque ici, en 1634, avec les premières recrues de Giffard, mais cela n'est pas certain, car Alfred Cambray publie en 1932 une liste de ces pionniers, dont les Boucher, Guyon (Dion), Cloutier, Giroux et Langlois, qui sont au nombre de 43 à débarquer à Tadoussac le 31 mai 1634, mais le nom de Costé n'apparaît pas. Le même auteur affirme que Costé débarque ici en 1635, mais aucun document ne l'indique.

Si réellement Costé débarque à Québec en 1635, lui qui n'est pas marié, il n'est peut-être pas l'immigrant solitaire auquel l'histoire nous a habitués. Il est possible qu'il voyage accompagné de celle qui deviendra sa femme, Anne Martin. Mais qui est Anne Martin? Mystère, aucun généalogiste n'a pu le découvrir. La première fois que son nom apparaît aux registres, c'est lors du baptême de Robert, fils de Noël Langlois et de Françoise Garnier, elle est marraine et c'est Giffard qui est parrain. Comment expliquer le fait que, quelques mois plus tard, le 25 octobre, a lieu le baptême de Louis Costé, fils d'Anne Martin et de Jean Costé qui ne sont pas encore mariés? Peut-être le père Lalemand a-t-il fait une erreur en inscrivant la naissance de l'enfant une année plus tôt et que, par la suite, celle-ci n'a jamais été corrigée? De toute manière, Jean Costé épouse à Québec, le 17 novembre 1635, Anne Martin et le mariage est béni par le père Lalemand, en présence de Guillaume Couillard et de Robert Giffard.

Sans doute, à ce moment-là, Jean Costé travaille déjà à l'exploitation de la terre seigneuriale avec quelques autres. En 1637, Robert Giffard concède le fief du Buisson à Jean Guyon, ce qui devient la Clouterie à Zacharie Cloutier, puis il confie l'entretien de ses terres à Robert Drouin, Martin Gravel et à Jamin Bourguignon. Pour ces travailleurs acharnés, le bénéfice arrive enfin.

Reconnaissant la valeur du travail qu'ils accomplissent ensemble, Jean Costé et son associé Noël Langlois, la Compagnie de la Nouvelle-France commande, le 21 juillet 1641, «cinq cents bottes de foin pesant seize à dix-huit livres (...) ce marché fait moyennant le prix et somme de quatre-vingt livres».

L'année suivante, Costé, qui possède maintenant du bétail, obtient de Robert Giffard la permission de faire paître ses animaux sur une partie des prairies de Beauport pour une durée de trois ans, à partir du 2 mai 1642. Zacharie Cloutier, Martin Gravel, Jamin Bourguignon, Jean Guyon et Noël Langlois partagent la même faveur. Jean Costé devient colon à part entière, le 5 février 1645, alors qu'il reçoit une concession de trois arpents de front sur le fleuve entre les terres de Zacharie Cloutier et de Noël Langlois.

Alfred Cambray écrit que peu de temps après, pour se protéger de la menace iroquoise, «Noël Langlois, se trouvant voisin de la concession de Jean Costé, convie ce dernier à se loger près de lui et lui donne une petite portion de terre pour se construire une maisonnette». Plus tard, Jean Costé, le colon, aurait quitté Beauport avec sa famille pour aller s'installer sur l'île d'Orléans.

Il semble que les Côté et les Langlois ont une facilité à travailler ensemble. (À suivre.)

Source: Nos racines numéro 98,
Claude Latour,

Société de généalogie de Saint-Eustache,
http://www.linfonet.com/gene/accueil.html