Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Les maisons d'ancêtres

4. La maison Spénard


La maison de Jean-Baptiste Spénard
au 837, chemin Fresnière (février 1995)

Parmi toutes les maisons ancestrales des grandes familles de Saint-Eustache, il en est une qui occupe une place bien particulière. Depuis sa construction en 1833 par le patriarche du nom, elle est toujours demeurée habitée par les générations successives de cette même famille. Il s'agit de la maison Spénard, au 837, du chemin Fresnière, à Saint-Eustache.

C'est en 1773 que le seigneur Dumont concède une terre au sud de la rivière du Chêne à Antoine Lahaie. Ce dernier la revend cinq jours plus tard à Paul Richer dit Louveteau, qui commence à la défricher et qui, dix ans plus tard, se fait concéder une augmentation à l'arrière. En 1798, Paul Richer cède cette grande terre à son fils Joseph, qui la cultive à son tour. Voilà pour les débuts de la terre.

En 1817, Jean-Baptiste Spénard achète une petite terre plus loin dans la Fresnière, presque à la limite de la paroisse de Saint-Benoît. Le 12 juin 1819, Paul Richer et lui décident d'échanger leurs terres, l'une contre l'autre. C'est donc à partir de ce moment que les Spénard prennent possession de la terre 228, qu'ils ont encore de nos jours.

Le 30 juin 1833, Jean-Baptiste Spénard conclut un marché avec le maçon Alexis Gosselin afin que ce dernier lui construise une maison de pierre. Gosselin s'engage à terminer les murs du rez-de-chaussée durant l'année courante, puis l'ensemble de la maison l'année suivante. En plus de la maison, il doit aussi construire un four à chaux d'une capacité de vingt-cinq à trente barriques. Jean-Baptiste Spénard s'engage quant à lui à aller chercher à Saint-Martin ou à l'île Bizard toute la pierre nécessaire à la construction. Il s'engage aussi à nourrir et à servir Alexis Gosselin tout au long de la durée des travaux.

Jean-Baptiste Spénard et son épouse Marguerite Gravel ont plusieurs enfants, dont les suivants: Édouard, qui épouse Azile Tassé à Saint-Martin en 1840; Damase, baptisé à Saint-Eustache en 1815, qui épouse Dosithée Piché à Sainte-Scholastique en 1844 puis Catherine Doré à Saint-Jérôme en 1861; Hyacinthe-Raphaël, qui ne vit que deux mois en 1816; Octave, qui épouse Marie Choquette à Saint-Eustache en 1856; et Léon, qui épouse Laetitia-Pénélope Bélanger à Notre-Dame de Montréal.

En 1821, Jean-Baptiste loue du seigneur Dumont le droit d'exploiter le moulin du Bois-blanc, situé sur la rivière du Chêne, juste à l'arrière de sa terre. Ce bail ne dure que trois ans puisqu'en 1824, le seigneur loue les droits à William Smith, marchand au village de Saint-Eustache, et à nouveau en 1829 pour une durée de neuf ans à Marguerite Cazeau, épouse du même William Smith. On peut supposer que Jean-Baptiste Spénard continue à travailler pour William Smith à ce moulin puisqu'au recensement de 1831, son occupation principale est «meunier».

Notez qu'il ne faut pas confondre ce Jean-Baptiste Spénard, meunier à la Fresnière, avec son oncle Jean-Baptiste-Flavien Spénard, qui sera meunier d'abord au Petit-moulin du village de Saint-Eustache, puis, pour la majeure partie de sa vie, au Grand-moulin de l'embouchure de la rivière des Mille Îles. C'est aussi le cousin de Jean-Baptiste, Gilbert, fils de Jean-Baptiste-Flavien, qui va jouer un rôle important dans les évènements de 1837 à Saint-Eustache. C'est le cousin Gilbert qui participe à l'expédition d'Oka avec les Patriotes, le 30 novembre 1837, et qui est emprisonné à Montréal, le 4 décembre de la même année.

En 1840, Jean-Baptiste et son épouse Marguerite Gravel rédigent leur testament et s'assurent que la terre de la Fresnière demeurera dans la famille. À leur décès, c'est leur fils Octave qui prend le relais et qui fait en sorte que la maison construite pour ses parents se transmette de génération en génération.

Nous reviendrons sur les familles Spénard.

Quelques références:


Recherche et texte:
Marc-Gabriel Vallières,
Société de généalogie de Saint-Eustache,
103, rue de Bellefeuille,
Saint-Eustache (Québec), J7R 2K5