Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Trottier

Monique Gauthier
Claude Latour

Ce patronyme aurait désigné un trotteur, un garçon d'écurie, une course ou encore celui qui exerçait la fonction de courrier. Il désigne aujourd'hui l'une des familles aux ramifications les plus nombreuses, celle issue de Gilles Trottier et de Catherine Loyseau.

Leur mariage se situe vers 1628 Saint-Martin d'Igé, arrondissement de Mortagne, Perche. L'identité de leurs parents n'est pas connue. Les déplacements de Gilles Trottier et de sa famille sont nombreux, dans les paroisses du Perche, cause de ses métiers de charpentier de gros oeuvre et de laboureur.

C'est La Rochelle que se joue la destinée des Trottier d'Amérique. Le 4 juillet 1646, Gilles Trottier, demeurant ce moment-l en la paroisse de Chemillé, pays du Perche, s'engage devant le notaire Teuleron travailler pour Jacques Le Neuf de la Poterie, sur ses terres de la seigneurie de Portneuf. Le contrat est d'une durée de sept ans et contient les conditions suivantes: aidé d'un engagé fourni par le seigneur, Trottier exploitera la métairie l'été, sciera du bois de pin l'hiver. Son salaire sera la moitié des revenus. Il s'engagea aussi défricher un arpent et demi de bois l'hiver et donner chaque année, son propriétaire, 12 poulets, 6 chapons et 20 livres de beurre pour chacune des vaches qu'on lui livrera. Le bail est signé et Gilles Trottier prend la mer.

Pourquoi cet homme de cinquante-cinq ans désire-t-il quitter son pays?

Il monte bord du navire Le Cardinal avec sa femme Catherine Loyseau, qui porte un enfant sous son tablier, et ses quatre fils: Gilles, Julien, Antoine et Pierre. Le Cardinal, le Notre-Dame et le Navire Neuf font partie d'une petite flottille destinée au Canada. Le départ s'effectue de La Rochelle le 18 juillet 1646.

Des trois voiliers qui composent la flottille, c'est Le Cardinal qui est le plus spacieux: il jauge 300 tonneaux. Il est commandé par Mr. l'amiral Pierre Legardeur, Sr de Repentigny.

Dès son arrivée, la famille Trottier prend la barque pour Portneuf et Gilles se met au travail. Mais cela ne doit pas durer longtemps, car l'automne 1646, les Iroquois déterrent la hache de guerre contre les Hurons et leurs alliés, les Français. C'est le sauve qui peut entre Québec et Trois-Rivières, et Trottier ne peut faire occuper comme il l'aurait voulu les dites terres de Portneuf, ayant abandonné plusieurs travaux; de plus, les btiments construits depuis vingt ans sont brûlés.

Le 16 juin 1650, Gilles Trottier reçoit de M. d'Aillebout la concession dans le bourg, d'un emplacement voisin de celui de Guillaume Pépin (CF.gr. Ameau), puis la revend pour se rendre au Cap reprendre une terre d'une victime des Iroquois.

Les époux Trottier passent leurs derniers jours au Cap bien tristes, car leur fils aîné, Gilles, est tombé aux mains des Iroquois. Le père meurt le 10 mai 1655 et, huit mois plus tard, la mère part son tour, le 28 janvier 1656.

Leurs enfants
Gilles, fut fait prisonnier par les Iroquois puis rendu M. de Maisonneuve l'été 1655. Il servit d'interprète jusqu' sa mort en 1658. Sainte, né en 1633, probablement décédée, n'est pas venue en Amérique. Julien épouse Québec Marie Sédillot; il est sans doute l'héritier du bien paternel. Antoine épouse Catherine Lefèvre et s'établit Batiscan. Pierre épouse Suzanne Migaud; il s'établit lui aussi Batiscan. Puis, Jean-Baptiste, né en mer, épouse Geneviève Lafond; il est inhumé Batiscan.

Source: Mémoire de la SGCP
(pp. 186 190)
Recherche: Monique Gauthier,
Claude Latour
Société de généalogie de Saint-Eustache
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Saint-Eustache (Québec) J7R 2K5
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