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HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Le 24 juin, jour de fête de tous les Québécois

Claude Latour

Le 14 février 1922, Émile Miller, chef du secrétariat de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (Monument national), écrit une lettre à l’honorable Hector Champagne, alors conseiller législatif libéral des Mille-Îles, et à ses collègues concernant une fête légale. Voici le contenu de cette lettre:

«Honorable Monsieur,
Il est sans doute à votre connaissance qu’une motion a été faite récemment à la Législature, en vue de décréter que le 24 juin soit fête légale dans notre province.

Le Conseil général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et plusieurs représentants de ses sections se proposent de représenter à M. le Premier Ministre que la population tout entière désire ardemment et depuis longtemps que la fête nationale des Canadiens-français soit enfin reconnue fête légale.

Notre Société n’ignore pas que vous êtes déjà tout acquis à cette cause importante et pour le triomphe de laquelle maintes démarches ont déjà été faites auprès du gouvernement. Elle vous prie instamment d’accorder votre précieux appui à ses démarches, et elle espère que la présente session de la Législature ne se terminera pas avant que le jour de la Saint-Jean-Baptiste ait été proclamé fête légale au pays du Québec.

En même temps qu’à vous-même, j’écris à vos distingués collègues, pour les prier de donner tout leur appui à ce mouvement si profondément populaire.

Et croyez-moi, M. le Conseiller Législatif, Votre respectueux serviteur.

Émile Miller»

Hector Champagne (1862-1941)L’honorable Hector Champagne, qui est aussi membre du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, reçoit une autre lettre de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, le 23 août 1926, cette fois signé par Jean Guérin, chef du secrétariat, car Émile Miller est devenu membre du Bureau d’examinateurs pour les candidats inspecteurs d’écoles. M. Guérin lui fait parvenir une copie d’une résolution adoptée par le Conseil général de la société. Voici le texte du document:

« Extrait du procès-verbal du Conseil général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Séance du 13 août 1926.

Attendu que, depuis deux ans au moins, les examens du bureau Central des examinateurs catholique de la province de Québec ont lieu à une époque qui coïncide avec la date du 24 juin:

Attendu que ces examens intéressent un grand nombre de professeurs et de candidats au poste d’instituteur:

Attendu que depuis l’année 1925 la date du 24 juin est devenu un jour férié dans la province de Québec et que cette fête donne lieu à des réjouissances extraordinaires dans nos grandes villes:

Attendu que durant ces célébrations les examinateurs et les candidats aux examens sont priés de participer à ces réjouissances nationales:

Il est résolu que le conseil général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal prie respectueusement le Comité catholique de l’Instruction publique de la province de Québec d’aviser, si possible, aux moyens de fixer la date de ces examens annuels de manière à ne pas coïncider avec la date du 24 juin.

Authentique Pour la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, le chef du secrétariat, Jean Guérin»

C’est donc en 1925 que le 24 juin est devenu la Fête nationale des Québécoises et des Québécois. Cette année, nous en fêtons le 74e anniversaire et lors du prochain rendez-vous en l’an 2000, ce sera pour les trois quarts de siècle d’existence de notre fête nationale.

(Conçu à partir de nos documents d’archives.)

Claude Latour,
Société d’archives historiques
de Saint-Eustache,
103, rue de Bellefeuille,
Saint-Eustache