Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Les maisons d'ancêtres

3. La maison Sauvé

La maison Sauvé dit Laplante
au 686, chemin Rivière-Nord

Contrairement à ce que pourrait vous laisser croire le titre de cet article, la maison Sauvé dont il s’agit ici n’est pas située dans le Vieux-Saint-Eustache, mais bien chemin Rivière-Nord. Il ne s’agit donc pas de la maison de l’ancien premier ministre Paul Sauvé, déjà bien documentée, mais plutôt de la maison ancestrale de la famille Sauvé dit Laplante, au 686 du chemin Rivière-Nord, à Saint-Eustache.

C’est en 1764 que le seigneur Dumont concède la terre à Jean-Baptiste Proulx. Peut-être est-ce pour la spéculation, car la terre connaît par la suite trois propriétaires différents en cette même année 1764. Puis, en 1778, c’est Basile Sauvé dit Laplante et son épouse, Marie-Josephte Proulx, qui en font l’acquisition et qui obtiennent du seigneur Dumont un agrandissement de la terre par l’arrière. C’est sur cette terre ainsi que sur deux autres, situées au Petit-Brûlé et chemin Rivière-Sud, dans la Fresnière, qu’ils vont faire prospérer leur exploitation agricole.

En 1805, les époux Sauvé font ensemble leur testament. Ils lèguent la terre de la Fresnière à leur fille Marie-Anne, qui a épousé Jean-Baptiste Langlois dit Traversy, et la terre du Petit-Brûlé à leur fils cadet Joseph-Eustache. Leur fils aîné Jean-Baptiste hérite de la terre de la Rivière-Nord, sur laquelle il y a déjà une maison de bois. Cependant, leur fille Ursule, qui a épousé Michel Biroleau dit Lafleur, n’obtient aucune part d’héritage. Les trois enfants qui obtiennent une terre devront, en contre-partie, faire vivre leurs parents jusqu’à leur mort.

C’est Jean-Baptiste Sauvé dit Laplante qui se fait construire la maison de pierre que nous pouvons toujours admirer au 686 du chemin Rivière-Nord. Avec Marie-Louise Gagnon, qu’il épouse à Saint-Eustache en 1806, c’est pendant près de cinquante ans qu’il va élever sa famille sur cette terre. Le couple a plusieurs enfants dont Jean-Baptiste, qui épouse Victoire Filiatreau en 1829; Ursule, qui épouse Jean-Baptiste Proulx en 1833; Basile, qui épouse Marie-Rose Paiement en 1836 puis Adeline Baulne en 1858; Olivier, qui épouse Julie Ouimet en 1847; et Charles.

En 1854, Jean-Baptiste Sauvé père et Marie-Louise Gagnon font donation de la terre à leur fils Olivier. En 1866, Marie-Louise Gagnon, devenue veuve, réitère ce don à son fils. Par la suite, Olivier Sauvé et Julie Ouimet vont habiter la terre jusqu’en 1905 et y élever leur famille. C’est donc dans la maison de pierre que va naître leur fils Basile, qui épouse Marie-Rose Prud’homme en 1885.

En 1905, la terre et la maison sont vendues par Basile Sauvé et le curateur de ses parents à Adolphe Mondou. Le lot 334 aura donc été la terre natale des Sauvé dit Laplante pendant cent vingt-sept années et quatre générations y auront vécu.

L’environnement actuel de la maison ne lui fait pas honneur. Il faut l’imaginer dans son cadre champêtre, avec seulement un étroit petit chemin de terre qui la contourne en façade, plutôt qu’une large route asphaltée qui la frôle sous sa galerie. Ses lignes en font pourtant une des maisons anciennes les plus harmonieuses de la région de Saint-Eustache. Son côté nord-ouest, à moitié caché par la vigne, nous donne une vision si agréable, lorsque la maison apparaît au détour du chemin, en revenant du Petit-Brûlé.

Une chose curieuse peut être remarquée des Sauvé dit Laplante de Saint-Eustache. Alors que de nombreuses familles dont le patronyme comporte un «dit» ont vu leurs descendants utiliser l’un ou l’autre des deux noms, les Sauvé dit Laplante ont toujours utilisé le nom de Sauvé. Le patronyme de Laplante, quant à lui, n’a été perpétué que par une autre famille qui portait ce nom: les Laplante dit Champagne. Les descendants de ces derniers ont conservé tantôt le nom de Laplante, tantôt celui de Champagne!


Quelques références:

Recherche et texte:
Marc-Gabriel Vallières,

Société de généalogie de Saint-Eustache,
103, rue de Bellefeuille,

Saint-Eustache (Québec), J7R 2K5