Liste des chroniques

HISTOIRE DE NOS FAMILLES

Les maisons d'ancêtres

2. La maison Thompson


La maison de William Thompson
au 395, rue Boileau (septembre 1994)

La maison ancestrale que nous abordons aujourd'hui n'a pas connu de très nombreuses générations de la même famille. Elle tient son intérêt par l'histoire du personnage pour qui elle a été construite: William Thompson. Il s'agit de la vieille maison de pierre située au 375 de la rue Boileau, autrefois appelée rue Sainte-Marie ou chemin Rivière-Sud.

William Thompson est né près de Morpeth, dans le comté de Northumberland, dans le nord-est de l'Angleterre. Ses parents étaient John Thompson et Frances Storey. La famille Storey faisait partie, aux XVe et XVIe siècles, des «Border Reivers», une horde de hors-la-loi qui terrorisait les habitants de la frontière entre l'Angleterre et l'Écosse. La mère de William est décédée alors qu'il était encore en bas âge.

Arrivé au Canada au début des années 1800, William Thompson épouse une Canadienne française en 1813, Marie-Louise Dubois, à la paroisse Notre-Dame de Montréal. Le témoin de l'époux, lors du mariage, est Alexander Mackenzie, un des dirigeants de la Compagnie du Nord-Ouest. William pratique alors différents métiers, étant soit journalier, soit menuisier, selon les documents.

Après qu'un premier enfant soit né à Montréal, baptisé William-Athanase, la famille s'installe à Saint-Eustache en 1815 où William avait acquis une terre au début de la côte du Lac, quelque temps auparavant. Cette terre, le numéro 52 au cadastre, deviendra plus tard le terrain de golf dont plusieurs se souviennent et où se trouve aujourd'hui la bibliothèque et le Centre communautaire de la Ville de Deux-Montagnes. William acquiert et échange ensuite d'autres terres dans la côte du Lac. Puis, en 1823, il passe un marché de construction au maçon Alexis Gosselin pour lui construire une maison de pierre à l'extrémité nord de la terre 275, sur le chemin qui longe le sud de la rivière du Chêne. Il s'agit de la maison que l'on peut toujours admirer, en face du mont Saint-Eustache.

Les documents nous montrent que la famille est, au début de son séjour à Saint-Eustache, assez à l'aise et emploie plusieurs domestiques. Au recensement de 1825, William Thompson et son épouse ont cinq enfants. La famille ne profite cependant pas de la maison de pierre pour très longtemps. William aime bien s'amuser et mène une vie très agitée... À la fin des années 1820, son épouse lui intente un procès pour obtenir une séparation. Les témoins au procès mentionnent alors que plusieurs enfants illégitimes de Saint-Eustache ont William Thompson pour père. Que les amateurs de généalogie en prennent bien note!

Après le procès, William perd sa terre et la maison, puis retourne vivre à Montréal. Marie-Louise Dubois reste à Saint-Eustache et demeure dans la côte du Lac jusqu'à sa mort, sur un petit terrain qu'elle a conservé. À partir de cette date, on n'entendra plus parler du nom de Thompson à Saint-Eustache.

Parmi les enfants de William Thompson et de Marie-Louise Dubois, un fils naît à Saint-Eustache en 1818. Même s'il apparaît au registre des baptêmes de la paroisse sous le prénom de Jean, il utilisera toute sa vie le prénom de John. À la fin des années 1830, il devient imprimeur au journal «Morning Courrier» de Montréal et il y fait la rencontre de Jean-Baptiste Rolland, apprenti imprimeur comme lui. Vers 1840, les deux amis forment une société, la «Rolland Thompson», qui deviendra plus tard la Compagnie de Papier Rolland, qui existe toujours et qui exploite encore un moulin à papier dans le rang de la Chapelle, près de Saint-Jérôme.

En 1982, l'auteur de ces lignes arrive à Saint-Eustache, croyant n'avoir aucune racine dans la région. C'est un peu par hasard qu'il s'est découvert l'arrière-arrière petit-fils de Caroline Thompson, fille de John, petite-fille de William. C'est donc à moins de 300 mètres de la terre de son coloré ancêtre qu'il était venu s'installer!


Quelques références:

Recherche et texte: Marc-Gabriel Vallières,
Société de généalogie de Saint-Eustache,

103, rue de Bellefeuille,
Saint-Eustache,

Québec J7R 2K5