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Fenêtre sur le passé

Un terrain de golf à Saint-Eustache
C’est au début des années trente que le premier terrain de golf a vu le jour à Saint-Eustache. Il est situé entre les rues Chénier et Féré, appelé à l’époque Côte-du-Lac, et entre la rivière des Mille Îles et les arrière-cours des maisons de la rue Saint-Louis. Le parcours comprend sept trous le printemps, neuf trous à l’eau basse l’été et treize trous en haute saison.

On sait qu’Isidore Comtois achète le moulin à scie situé au bout de la rue Chénier, au confluent des rivières du Chêne et des Mille Îles puis, construit sa beurrerie en avant. À cet endroit, est construite aujourd’hui la Résidence Saint-Eustache.

Mais revenons au terrain de golf. Entre la beurrerie et le moulin à scie, il y a un monticule, c’est le départ du premier trou qui se dirige en arrière de la maison des Raby (rue Saint-Louis). Puis, on descend la côte vers le ruisseau, le deuxième vert est situé près de l’actuelle maison de Jean-Baptiste et Madeleine Duquette. Le tertre de départ du troisième trou est situé à l’endroit même de l’usine de filtration d’aujourd’hui, traverse le ruisseau pour se rendre à côté de la maison appelée Villa-Maria, propriété d’un religieux. Cette maison a été déménagée au coin du chemin d’Oka et de la rue Féré. Puis, de cet endroit, on se rend jusqu’au coin de la rue Saint-Louis, ce qui deviendra la rue David-Lord, c’est le quatrième trou. Le cinquième descend vers la rivière, à l’eau basse. Le sixième longe la rivière, le septième remonte vers la maison de la boucherie Trépagnier, le huitième jusqu’à la maison de Paul Bigras puis, le neuvième trou arrive exactement où Isidore Comtois construira sa maison. Les autres trous sont situés de l’autre côté de la rue Saint-Louis, le long de la montée Féré (rue), deux pour monter et deux pour descendre.

Ce sont Denis Burns et Joseph (Jos) Lauzé qui louent les terrains de différents propriétaires pour la construction de ce premier terrain de golf. Le «père» Burns est mécanicien de locomotive du Canadien Pacifique. Le soir, il amène son engin et ses wagons de Sainte-Thérèse à Saint-Eustache, puis, le matin venu, repart vers Sainte-Thérèse, Saint-Lin, etc. Il passera toute sa vie sur les chemins de fer. Joseph (Jos) Lauzé est hôtelier à Saint-Eustache et plusieurs adeptes du golf logent chez lui une bonne partie de l’été. C’est lui qui s’occupe des verts, mais c’est Ernest Binette qui coupe le gazon avec un moulin de quatre pieds et un bon cheval. Le chalet, c’est tout simplement un garage de la Saint-Eustache Canning qui avait été épargné lors de l’incendie qui détruisit cette industrie.

Un jour, David Lord arrive de Saint-Jean, achète le terrain de la Saint-Eustache Canning pour construire sa propre industrie de conserves. C’est la fin du Club de golf de Saint-Eustache à cet endroit. Nullement découragés, les deux associés achètent la terre de Charles Dorion dit le suisse et y construisent un autre terrain de golf (aujourd’hui Centre communautaire, bibliothèque ainsi que les 1re Avenue, 2e Avenue, rue Gérard-Proulx, etc., de Deux-Montagnes).

À la même époque, un champ de pratique pour frapper des balles existe à Saint-Eustache. Il est situé près du réservoir d’eau potable de la municipalité, près du mur du manoir Globensky, rue Saint-Jean-Baptiste (du Moulin). Les adeptes du golf frappent leurs balles en direction d’un pacage à bétail, où se situe aujourd’hui Articles de bureau Saint-Eustache, rue Constantin. Que de bons souvenirs!

Pour ceux et celles qui n’ont pas connu le Saint-Eustache d’antan, au centre de notre premier terrain de golf, se trouve aujourd’hui construit le Manoir Saint-Eustache qui porte le numéro civique 55, rue Chénier.

Ovila Villiotet collaborateurs,
103, rue de Bellefeuille,