Liste des chroniques

LE SEIGNEUR BÉLANGER

Selon certains recherchistes, une dizaine de Bélanger auraient quitté la France pour venir s'établir au Canada au XVIIe siècle. Il y aurait même eu un nommé Étienne Bellenger (ou Stephen Bellinger), marchant de Rouen, qui, bien avant, aurait fait trois voyages dans les provinces maritimes entre 1580 et 1584. Mais, de tous ces Bélanger, Bellangé, etc., seulement deux ont laissé une descendance au pays : François et Nicolas.
Mon ami Bélanger descend de François Bellanger, fils de François Bellanger et de Françoise Horlays, baptisé à Saint-Pierre-de-Séez (Orne, France), le 7 octobre 1612. En 1634, il se joint à Jean Guyon, Mathurine Robin et leurs enfants, à Zacharie Cloustier, sa femme Xaincte Dupont et leurs enfants qui, de Dieppe, font la traversée avec un groupe de 35 mortagnais du Perche, venus coloniser Beauport, la toute nouvelle seigneurie de Robert Giffard. Ils sont les premiers vrais colons de la Nouvelle-France.
Le 12 juillet 1637, dans la petite chapelle de Notre-Dame de Recouvrance de Québec, François Bellanger épouse Marie Guyon (13 ans) qui a fait la traversée avec ses parents : Jean Guyon et Mathurine Robin.
Le 19 août 1640, naît Charles Bellanger, le premier d'une famille de douze enfants : 7 filles et 5 garçons. Charles, Jean-François, Louis et Jacques ont assuré la continuation des Bélanger. François fut marguiller et capitaine de milice dans la seigneurie de Beaupré.
Le 1er juillet 1677, MM de Frontenac, gouverneur, et Duchesneau, intendant de la Nouvelle France accordent à François Bellanger, la seigneurie de Bonsecour, d'une lieue et demie (7,3 km) de front sur deux lieues (9,75 km) de profondeur, située sur la rive sud du fleuve St-Laurent. Sa concession fut confirmée par le Roi en 1688 et a été connue sous le nom de seigneurie Bélanger. Elle forme actuellement une partie de la paroisse de L'Islet.
François a alors 64 ans et doit tenir " feu et lieu " dans sa nouvelle seigneurie. Une fille et deux garçons habitent encore avec lui. En 1681, le recensement nous apprend que le seigneur de Bonsecour possède quatre domestiques. Le 25 octobre 1685, François faisait donation totale de ses biens à son dernier fils Jacques.
Selon l'Institut généalogique Drouin, François Bellanger serait décédé au cours de l'hiver 1690-1691 et fut probablement inhumé dans le cimetière de Cap-Saint-Ignace. C'est là que fut inhumée Marie qui lui a survécu jusqu'au 29 août 1696.
Le 22 novembre 1691, Jacques épousait, à Cap-Saint-Ignace, Élisabeth Thibault, fille de François et Élisabeth Agnès Lefebvre. Jacques a été enterré à l'Islet, le 17 août 1699. Ils ont eu 4 enfants : François, né en 1693 et marié à l'Ange-Gardien le 24 octobre 1716 à Geneviève Doyon, fut inhumé le 27 avril 1733 à Saint-François (Ville de Laval) ; Pierre, né le 11 et inhumé le 20 octobre 1695 ; Marie-Anne, née le 11 octobre 1696 à Cap St-Ignace et mariée en 1722 à Pierre Pellerin ; Jacques, né en 1699 et marié à L'Islet, en 1726 à Thérèse Pelletier.
François, fils de François et de Geneviève Doyon, a épousé à Saint-Vincent-de-Paul, le 6 juin 1749, Louise (Marie) Charbonneau (de Saint-Jérome), fille de François-Charles et de Marie Rochon. Il épouse en 2e noce, à Saint-Vincent-de-Paul, le 3 août 1761, Élisabeth Rhéaume.
Et les Bélanger émigrent à Saint-Eustache. C'est là que François, fils de François et de Marie Charbonneau marie Marie-Louise Masson le 13 janvier 1772 et que Joseph, son frère, épouse Marie Masson le 30 juin 1777.
Dès la fin du 18e siècle, les Bélanger sont déjà solidement établis dans Saint-Eustache, dont François, l'ancêtre de mon ami Bélanger.

Recherche et texte :
Constant Rivest,
Société de Généalogie de Saint-Eustache.