Liste des chroniques

Les Bélanger de 1837

Histoire de nos familles

Les Bélanger sont arrivés à Saint-Eustache vers 1770. En 1837, ils étaient déjà solidement établis dans la Grande Côte. De François et Marie-Louise Masson, on ne connaît qu’un fils: Jean-Baptiste, qui épousa Rose Charbonneau en 1808. Voici leur famille telle qu’on peut l’entrevoir en 1837.

Jean-Baptiste a 52 ans et Rose Charbonneau, environ 50. Angèle, leur fille aînée, 28 ans, s’est mariée à Jean-Baptiste Rochon en 1828. Émilie a maintenant 7 ans et Célestin, le jumeau, vient d’avoir 4 ans. Henriette, la 2e, a 26 ans et est mariée à Séraphin Doré depuis 1831. C’est l’année où son père, Étienne Doré, est allé rejoindre sa femme Josephte Poirier au paradis. Jean-Baptiste Bélanger fils, et Émilie Séguin, mariés en 1836, ont perdu leur premier bébé en début d’année et attendent du nouveau pour le mois de mars.

On retrouve encore à la maison Grégoire, 21 ans, Victoire, 17 ans, Adéline, 16 ans, Damas, 15 ans, Maxime, 13 ans, Adolphe, 11 ans, Olivine, 9 ans, Honoré, 7 ans, et Olivier-Salomé, 15 mois.

Jean-Baptiste père fait partie, en 1837, avec le notaire Berthelot et le docteur Jean-Olivier Chénier, du Comité politique de l’administration parallèle du comté de Deux-Montagnes.

Joseph Bélanger et Marie Masson (1777) eurent aussi un fils nommé Jean-Baptiste, marié en 1806 à Félicité Janvry dit Bélair. En 1837, Joseph et Marie sont décédés, ainsi que Jean-Baptiste et Félicité. Josephte, leur fille, environ 25 ans, s’est mariée à Louis Proulx en 1832. Joseph et Marie Masson eurent un autre fils nommé Joseph, marié en 1813, et décédé en 1825 alors veuf d’Angélique Renaud. Leur Angélique, environ 23 ans, a épousé Jean-Baptiste Cheval (dit Saint-Jacques) en 1835.

Il y avait d’autres familles Bélanger dans le coin, dont Antoine et Marie Demers, parents de Elmire, Tharsille, Marie, Antoine, Victoire... dont les âges pouvaient varier de 15 à 5 ans.

Et il y eut cette terrible journée du 14 décembre 1837.

Clément Laurin rapporte dans les Cahiers d’histoire de Deux-Montagnes (vol. 5, no 2, octobre 1982, p. 37) la liste des prisonniers de 1837-1839. On y retrouve en page 38 les noms de Grégoire Bélanger, cultivateur âgé de 21 ans, et Jean-Baptiste Bélanger, 52 ans, cultivateur. Adolphe et Léon Bélanger eurent des démêlés avec la justice ainsi que Émery Féré, arpenteur (p. 40). Parmi les victimes, chez les Patriotes de 1837, on retrouve le nom de Séraphin Doré, cultivateur, âgé de 29 ans, époux d’Henriette Bélanger (p. 50). Il est le gendre de Jean-Baptiste et le beau-frère de Grégoire Bélanger. Auguste et Jean Doré y perdirent aussi la vie.

Selon les Cahiers d’histoire de Deux-Montagnes, (vol. 4, no 4, août 1981) voici ce que rapportait le curé Jacques Paquin dans son journal historique:

«L’incendie n’avait pas été entièrement restreint au village; à un mille de l’église, sur les bords de la rivière, la belle maison de M. Bellanger avait été aussi réduite en cendres avec toutes ses dépendances. M. Bellanger était un riche habitant; toutes ses récoltes furent brûlées dans ses bâtiments, et lui-même expie en prison le tort d’avoir été un des plus chauds partisans du Dr Chénier.»

J ean-Baptiste fut libéré moyennant une caution de 1 000 £ à l’instar des notaires Joseph-Amable Berthelot et François-Félix Chénier.

En 1837, les Bélanger étaient de la partie. Ils ont eu le courage de leurs convictions. Ils en ont payé chèrement le prix.

Hommage à nos patriotes. Hommage aux Bélanger. (À suivre: Le fief eustachois des Bélanger)

Recherche et texte: Constant Rivest, Société de généalogie de Saint-Eustache.

Important: mercredi prochain, conférence, voir l’annonce dans ce journal.