Liste des chroniques

Les Aubé de la Grande-Côte

Histoire de nos familles

Serge Aubé

Le premier Auber dont on a trace dans la région est Charles (1685-1720), fils de Félix (1643-1690) et petit-fils de Claude Auber, notre ancêtre en Nouvelle-France. Charles épouse Françoise Thibault, en 1710, à Château-Richer. Tous leurs enfants naissent à Saint-François de Laval, alors appelé Île Jésus, sauf l’aîné.

Charles-Amable Auber est le premier que l’on retrouve à Saint-Eustache. C’est avec lui que disparaît la dernière lettre du nom de famille; Auber devient donc Aubé. Il épouse en premières noces, à Sainte-Rose, en 1766, Marie-Louise Filiatrault. Le couple a trois enfants, dont Charles, né en 1766. Puis, il épouse en secondes noces, à Saint-Eustache, en 1774, Josephte Trottier, avec qui il a deux enfants. Enfin, en troisièmes noces, il épouse, à Saint-Eustache, en 1792, Marguerite Éthier.

C’est le 20 janvier 1776 que Charles Amable achète de Louis Filiatrault la terre la plus à l’est de Saint-Eustache, entre la Grande-Côte et la rivière des Mille Îles, et qui longeait la seigneurie de Blainville; elle porte le numéro 1 du cadastre de 1877. En 1880, son fils Charles se porte acquéreur d’une île face à la terre de son père. Cette île fait aujourd’hui partie des îles Corbeil. Puis, en 1906, Charles se fait concéder la terre face à la sienne, au nord de la Grande-Côte, le no 2 du cadastre de 1877. La maison de pierre ancestrale, construite par Charles à la fin du 18e siècle, est toujours debout face à la rivière (1).

La maison de Charles Aubé au 170 de rue du Bord de l'eau
La maison de Charles Aubé au 170, rue du Bord de l'eau

Charles se marie en premières noces à Charlotte Rochon, en 1794, puis en secondes noces à Marie Éthier, en 1801. De cette dernière union naît Phébée, qui élève aussi sa marmaille dans la maison de pierres. Pour ne pas être en reste, Phébée se marie également deux fois. Il épouse d’abord Edesse Desjardins, à Sainte-Thérèse, en 1837. De cette union naît entre autres Éphrem. Puis, il épouse en secondes noces, à Sainte-Rose, en 1847, Marie Lemay, avec qui il a, entre autres, Sergius, familièrement appelé Jésus.

À noter que Sergius prend en 1893 Malvina Aubé pour épouse. Or, Malvina est la fille de son demi-frère Éphrem et de Edesse Desjardins, qui sont également les parents d’Arthur Aubé (Laura Gauthier), qui est épicier boucher au village rue de Bellefeuille.

À la suite de Phébée, c’est son fils Cléophas qui occupe temporairement la maison de pierres. Il est conseiller municipal de 1887 à 1899 et nommé ingénieur des pompes et des pompiers le 5 mars 1888. Puis, c’est Sergius qui habite la maison de pierres au début du siècle. Il décide de lotir la terre en bordure de la rivière et de la vendre en lots séparément. Devenu âgé, Sergius lègue la maison à son fils Doria mais y demeure jusqu’à son décès en 1941.

Cinq générations de la familles Aubé sont passées dans cette maison de pierres, alors que le dernier, Doria, s’installe en 1946 sur la terre du côté nord de la Grande-Côte, mais seulement après la naissance de ses sept enfants dans la maison ancestrale.

Pendant plus d’un an, dans les derniers temps de la dernière guerre, alors que Doria en est encore propriétaire, la maison sert de refuge pour un soldat déserteur de l’armée. Ce soldat était connu sous le pseudonyme de Paul Lenoir. Cinquante ans plus tard, le soldat est retrouvé à Rosemère. Depuis, d’étroits liens se sont tissés entre «Monsieur Paul» et les enfants de Doria. La semaine prochaine: les Aubé du village.


Référence:

(1) Vallières, Marc-Gabriel, «La Grande-Côte et ses maisons de pierre», dans La revue des Deux-Montagnes, mars 1997.

Recherches: Serge Aubé, http://www.pages.infinit.net/slowgo/, Claude Latour SGSE 103, rue DeBellefeuille, Saint-Eustache (Québec) J7R 2K5