Liste des chroniques

Histoire de nos familles

Bergeron

Lorsque les patronymes se sont formés et qu’il a fallu désigner ceux dont la formation était de faire paître les agneaux, les brebis, les moutons, le nom berger est apparu. En raison de leur âge ou de leur taille, ces gens ont reçu le patronyme de Bergeron, c’est-à-dire «petit berge».

D es huit Bergeron qui, aux XVIIe et XVIIIe siècles, sont venus vivre en Nouvelle-France, il faut retenir celui dont la descendance est aujourd’hui la plus considérable, notre ancêtre, André.

A ndré est le fils de Pierre et de Catherine Marchand, originaires de Saint-Saturnin du Bois, Charentes Maritimes, diocèse de La Rochelle, en Aunis, France, qui émigre au Québec vers 1665-1666.

Vers 1682, André Bergeron prend pour épouse Marguerite Dumay. Les époux s’installent à Saint-Nicolas, dans la seigneurie de Lauzon, près de Québec. Notre aïeule maternelle, Jeanne Védié, mère de Marguerite, était arrivée en Nouvelle-France sur le bateau La Recrue, en 1653; elle voyageait avec M. Paul Chomedey, seigneur de Maisonneuve, de Neuville-sur-Vanne, et de Marguerite Bourgeoys, de la ville deTroyes!

Après s’être établis confortablement dans le petit village de Saint-Nicolas, la maison d’André et de Marguerite sert bien le missionnaire itinérant qui y dit la messe et y baptise les nouveau-nés. Le recensement de 1681 décrit la famille d’André Bergeron de la façon suivante: André, 38 ans, Marguerite (Dumay) Bergeron, sa femme, 32 ans, et quatre enfants, un fusil, deux vaches (rare cultivateur à en avoir deux), et six arpents de terre en valeur. Le couple André et Marguerite élève une belle et grande progéniture. En effet, douze enfants, dont sept garçons et cinq filles, sont leur richesse.

En 1702, André Bergeron, notable de Saint-Nicolas, est nommé «second marguillier». Il est l’ancêtre de milliers de familles Bergeron en Amérique du Nord. Au dernier recensement provincial, le patronyme Bergeron est le 13e plus populeux au Québec, après évidemment les Tremblay, les Gagnon et autres.

Je ne vous décris pas tous les mariages des descendants d’André et de Marguerite, mais je vous souligne que les arrière-petits-enfants en sont la 12e génération. Par contre, je vous rapporte quelques faits dignes de mention de nos ancêtres.

Une des filles des descendants de la famille, Marguerite Bergeron, épouse en 1707, à Saint-Nicolas, François Fréchette, ancêtre direct du grand écrivain et poète canadien-français Louis Honoré Fréchette.

Le 25 janvier 1880, Charles Bergeron (5e génération) épouse Marie-Geneviève Demers. Ce couple donne naissance lors des années 1802, 1803, 1804, 1805, 1806, 1807, 1808, 1810, 1811, 1812 et 1813. Si en 1809 rien n’est inscrit dans les registres, c’est qu’un garçon prénommé Noël est né le 25 décembre 1808 et le suivant, François-Xavier, le 25 janvier 1810. Pour comble de malheur, les cinq enfants nés entre 1805 et 1810 sont tous décédés «aux couches», comme on disait dans le temps. Comme a dit le poète, «Le berceau ne semble les recevoir que pour les endormir d’un sommeil éternel!»

Une grande tante (8e génération), Lumina Bergeron, décède le 18 décembre 1886, durant une période de froid intense. Sa dépouille est déposée dans un charnier. Au printemps suivant, son époux fait ouvrir le cercueil. Quelle surprise pour les personnes présentes! La défunte a changé de position et est quelque peu recroquevillée, avec une poignée de cheveux dans sa main droite. Quel désarroi chez les témoins! Lumina était encore vivante lorsqu’on l’a mise au charnier. Nous sommes en 1886. (À suivre la semaine prochaine) Recherche

et texte:
Yvon Bergeron, SGSE no 22