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LA FIN DES CLASSES

Le 11 mai 1940, M. le notaire J.-A. Chaurette reçoit une lettre titrée Inspection des écoles, Québec, Département de l'instruction publique. En voici la teneur :
Sainte-Anne-des-Plaines, 11 mai 1940.
Monsieur le notaire J.-A. Chaurette,
Saint-Eustache,
Monsieur le secrétaire,
Les examens du certificat d'études primaires auront lieu les 19 et 29 juin prochain. En vertu du nouvel article 76A, de la loi de l'Instruction publique, la Commission scolaire de Saint-Eustache devra verser à l'Inspecteur des écoles du district le montant suivant, pour fin de correction des épreuves des candidats.
Vous voudrez bien me faire parvenir le montant suivant pour le 1 er juin prochain, par mandat postal ou par chèque payable au pair.
7e année ..... 23 candidats à 0,50 $ 11,50$
9e année ..... 9 candidats à 0,75 $ 6,75$
Total 18,25 $
Votre tout dévoué
J.-A. Limoges I.E.
District no 9
Cette lettre annonce la fin prochaine d'une autre année scolaire. Quels sont les noms de ces 32 candidats qui ont subi l'examen? Combien ont réussi à obtenir ce fameux diplôme provincial tant convoité à l'époque? Seuls les diplômés se souviennent.
Qui se souvient des fournisseurs de la Commission scolaire, concernant l'entretien des écoles? Il y a bien sûr les J.-A. Paquin & fils (tél.: Bell 34) et Emest Lahaie (tél.: 3213-T), les deux magasins généraux du village. À la Fresnière, c'est Jas. H. Hamilton Dr. (tél.: 606 R21), aussi marchand général. Concernant la fourniture de portes et fenêtres et la menuiserie fine, c'est J.-E. Arbic (tél.: 66 W) qui est sollicité. Quant aux métaux ouvrés, la réparation et l'affûtage des tondeuses à gazon, c'est Odina Richer, aussi forgeron, qui est le spécialiste (tél.: 111 ). Il est le premier dans la région à posséder une affûteuse, appareil qui aiguise semi-automatiquement les tondeuses à gazon (tambour). Certaines années, le Club de golf Laval-sur-le-Lac est un de ses gros clients. Ses seuls compétiteurs dans ce domaine sont les Corbeil, de Cartierville.
Qui se souvient des prix à la même époque? Les clous se vendaient de 5 à 8 cents la livre, le savon Barselou 4 cents la barre, un bénitier 18 cents, un crucifix 15 cents, une brosse à plancher 10 cents, 3 paires de couplets (pentures) 60 cents, etc.
Qui se souvient de Jean-Marie Beauchamp, qui s'est occupé du vidage " des closettes " et du nettoyage de l'emplacement de la grande école, pour la somme de 3,50 $?
Qui se souvient d'Oscar Lajeunesse, ouvrier polyvalent, qui sait aussi bien remplacer les vitres brisées, poser les châssis doubles, vider les " privées ", réparer la cloche, réparer les portes, etc.? Oscar travaille à deux endroits : l'école de la Fresnière et l'école de la Petite Rivière-Nord, pour 20 cents l'heure. Rare à l'époque pour un ouvrier manuel. Oscar a une écriture digne d'un professeur.
Dans les écoles des rangs, c'est l'institutrice qui voit à l'entretien des classes, est-ce vrai? Bien sûr, en voici la preuve.
30 juin 1939
Commission scolaire Saint-Eustache
J'ai payé Mlle Annie Labelle 1,50 $ pour faire le ménage dans la classe le samedi 17 août dernier Auriez-vous la bonté de me rembourser, s'il vous plaît? J'ai payé aussi 6 verges de moustiquaire à 10 cents la verge. Si vous juger de me les payer, je les laisserai à l'école
Bien à vous
Gisèle Duquette, institutrice.
Est-ce que cette institutrice a été payée? Bien sûr, et les moustiquaires sont restées à l'école.
Le temps passe, mais la mémoire des hommes et des femmes qui ont fait l'histoire de notre région demeure et demeurera, grâce à notre nouveau centre d'archives où sont conservées les traces de leur passage sur cette terre.

Ovila Villot, SGSE,
(Conçu à partir de documents de nos archives).
L'Éveil, le 13 juin 1998