Liste des chroniques

AMYOT DIT VILLENEUVE
Philippe Amyot (1600-1639), notre ancêtre français appartenait à une très ancienne famille de France. Probablement originaire de la Picardie, au nord de Paris, il épousa Anne Convent en 1627. Au moment où, à Dieppe, ils s'embarquèrent pour la Nouvelle-France, ils avaient déjà deux fils : Jean et Mathieu. Mais leur mère était enceinte de plusieurs mois et l'enfant se prénommait Charles. À ce printemps 1636, en juin, c'était le 2e contingent de 40 colons à débarquer à " Kébec ".
Mathieu (1628-1688), devenu orphelin de père à 11 ans, quitta Québec avec son frère, Jean, pour une vie d'aventure vers l'ouest, au pays des Hurons (Midland, Ontario). Il apprit les dialectes indigènes, chassa et trappa avec les Indiens et travailla comme domestique laïque auprès des jésuites. En retour, il reçut une excellente éducation. Le 22 novembre 1650, à Québec, il se maria à Marie Miville, une jeune Suisse de Fribourg récemment débarquée. Elle est la fille de Pierre et Charlotte Maugis. Il devint par la suite un colon prospère, défricheur important et estimé de tous, possédant 240 arpents à Sillery, 180 dans la Seigneurie de Maure et plusieurs terres sur la Grande Allée à Québec. Au total, en 17 ans, il défricha 80 arpents de terre. L'intendant Talon, qui appréciait ses services, réclama auprès de Louis XIV, des lettres de noblesse que Mathieu, sieur de Villeneuve, ne fit jamais enregistrer, plus intéressé, disait-il : " à défricher ses terres et à soigner ses vaches ". Ils eurent 15 enfants et 128 petits-enfants.
Étienne (1672-1730), 8e enfant de Mathieu, était fasciné par la vie en forêt, Le 28 avril 1705, il s'engagea comme canotier, remontant des provisions et des munitions chez les Outaouais à Michillimakinac au lac Huron, et ramenant à l'automne des ballots de fourrures. Trois compagnons robustes l'accompagnaient, car la charge atteignait presque 2 000 livres dans l'immense canot. Par la suite, il participa à toutes les guerres de son temps pour combattre les Sauvages ennemis et les Anglais, auprès de Frontenac, Callières, Ramesay et Vaudreuil jusqu'à Boston avec Hertel de Rouville. Il fut même choisi comme franc-tireur pour faire des courses de piraterie sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre. Ensuite, il revint à Québec, épousa Jeanne Campagna, fille de Pierre et Françoise-Anne Martin, le 15 octobre 1708, et s'installa sur une des terres de son père à Saint-Augustin, en la Seigneurie des Maure. Il les cultiva jusqu'à sa mort en 1730, après avoir eu 7 fils et 3 filles.
Étienne (1710-1760), l'aîné de la famille, notre 4e ancêtre, devint colon-défricheur et aussi apprenti et maître-charpentier. À Québec, il se maria à Marie-Anne Poitras, fille de Jean et Marie-Anne De La Voye, le 13 août 1731. Achetant des terrains sur les remparts, rue Saint-Flavien entre autres, où ils demeuraient, il y bâtissait des maisons, soit toutes de pierres et couvertes de planches, de colombages et maçonnées entre les deux ou encore tout à fait en bois. La plupart étaient construites de " pièce en pièce ". Il signa des contrats à bâtir au bas du " cap au Diamand " et d'autres à Saint-Augustin de Maure près de l'église et du presbytère. Celles-ci avaient été érigées sur une parcelle de terre que son père avait cédée en échange de " se faire dire une basse messe chaque année, pour lui et sa famille, le lendemain des fêtes de Pâques, à commencer en 1721 pour toujours et à perpétuité ". Onze enfants sont nés de ce mariage et l'aîné de leurs garçons fit partie de notre ligne descendante.
La suite la semaine prochaine.
Daniel Villeneuve,
Société de généalogie de Saint-Eustache,
L'Éveil, le 14 mars 1998