Liste des chroniques

CORRIVEAU

Étienne Corriveau arrive à Québec vers 1666. Il passe trois ans comme domestique chez un fermier. En 1669, il épouse Catherine Bureau à l’île d’Orléans.

Environ 240 ans plus tard, soit le 3 mars 1908, naît à Pike-Rivers, dans les Cantons de l’Est, Yvon Corriveau, douzième d’une famille de quatorze enfants de Dosithée Corriveau et de Délia Lamothe. Après des études primaires à l’école locale, il passe au juvénat de Terrebonne puis au Séminaire de Saint-Hyacinthe. En 1929, il obtient son baccalauréat des Arts de l’université de Montréal. En 1926, il pense devenir médecin et, le 30 mais 1935, obtient son diplôme de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. L’année suivante, il passe une année supplémentaire d’internat à l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Au cours de l’année 1936, il perd un œil à la suite d’un accident de chasse dû à un plomb égaré d’un chasseur de canard.

Arrivé à Saint-Eustache le 12 septembre 1936 à la demande du docteur Émile Moreau qui, malade, désirait prendre un repos prolongé, le docteur Yvon Corriveau soigne ses premiers patients dans les bureaux de celui-ci. Au décès du docteur Moreau, en 1939, il déménage son bureau au 163, rue Saint-Eustache (aujourd’hui Au Biniou). Le 4 novembre 1941, il achète la maison Hubert Globensky au 64, rue Saint-Eustache, de Mme Marie-Blanche Champagne, et s’y installe définitivement.

Pour son travail, le docteur Corriveau utilisait deux valises : l’une soit la trousse obstétricale, pour les futures mamans et l’autre, plus pesante, contenant les outils de sa profession. Son rôle allait de la chirurgie mineure à l’extraction d’une dent. Sa vie d’accoucheur, qui s’échelonna sur une trentaine d’années, aida la naissance de plus de 2 500 bébés.

En 1976, la maison de feu docteur Émile Moreau, qui se situait à côté de la Banque Nationale actuelle, déménageait au 53, rue Saint-Eustache, face à la maison du docteur Corriveau, pour abriter les nouveaux locaux des Éditions Blainville-Deux-Montagnes. Lors du déménagement, cette imposante bâtisse prenait plus que la largeur de la rue. D’un côté, la baie vitrée à laquelle on avait enlevé la fenêtre permettait le passage du balcon du barbier Jean Laflèche, au 61, rue Saint-Eustache. De l’autre côté, le mur de brique extérieur du premier bureau du docteur Corriveau se laissait frôler par les branches maîtresses des marronniers et ce, par-dessus la clôture de fer forgé. Entre deux patients, inquiet, le docteur Corriveau sortait sur le terrain pour vérifier le cheminement de la bâtisse. À au moins une occasion, il aida les ouvriers à tirer sur les câbles attachés en haut des marronniers comme pour à la fois protéger ceux-ci, mais aussi la brique extérieure de son premier bureau qui avançait lentement devant lui quarante ans plus tard.

Le docteur Yvon Corriveau et son épouse Clothilde Bastien ont eu trois enfants, Louis-André, médecin ophtalmologiste, Marcelle, et René. De plus, ils eurent à leur emploi Aline Binette (1913-1980) pendant plus de vingt-cinq ans.

Le docteur Yvon Corriveau est décédé le 26 juin 1984, à l’âge de 76 ans, après 47 ans de médecine dans notre belle région. C’était un homme simple, renfermé et bon à sa manière.

Source : L’Éveil, 4 juillet 1984, par Jean-Claude Langlois

Recherche : Jacqueline Blanchet, Claude Latour, S.G.S.E. L’Éveil, le 13 décembre 1997