Jacques Labrie, Patriote




Jacques Labrie, sa famille
À peine six mois s'écoulent à Saint-Eustache et il est déjà question de mariage au village entre le jeune docteur Labrie et la fille du notaire Pierre-Rémy Gagnier, mademoiselle Marie-Marguerite Gagnier alors âgée de 20 ans. Après la publication d'un ban de mariage, la cérémonie s'annonce pour le 12 juin 1809.21 La veille, un contrat est passé en l'étude du notaire François Lefebvre-Bellefeuille.22 Le prêtre officiant est le vicaire René-Flavien Lajus, son ami et confrère de classe. L'analyse des signataires du contrat de mariage et des registres paroissiaux démontre clairement que le docteur Labrie est bien accepté de la société eustachoise. Les seigneurs Dumont et Bellefeuille sont présents, le capitaine de milice, Étienne Doré, le notaire Joseph-Amable Berthelot et plusieurs autres personnes sont présentes au mariage. Le seigneur Dumont sert même de père au marié.

 

Le couple Labrie se fait bâtir maison au sud de la rue Saint-Eustache sur un terrain vendu par joseph Rohillard, maître tonnelier de Saint-Eustache.23 Un marché de construction est conclu entre les nouveaux mariés et Jean-Baptiste Guilbault, maître-maçon, pour « une maison en pierre de deux étages de cinquante pieds de long sur quarante-cinq pieds de large et au moins trente pieds de haut y compris les fondations.24 »
Maison de Jacques Labrie, 1809-1810


Maison de Jacques Labrie, construite en 1809-1810, rue Saint-Eustache.
Dessin d’après représentation de l’époque par Francine Bianco. Collection Les Promotions du Patrimoine des Laurentides Inc.

L'année suivante, le docteur Labrie acquiert un autre terrain de son beau-père, le notaire Gagnier, et agrandit sa propriété de la rue saint-Eustache.25 Le curé Paquin dans ses Mémoires et dans son Journal Historique décrit la maison du docteur en ces termes: « Dans la grande-rue qui traverse tout le village se trouvaient, surtout dans la partie qui avoisine l'église et qui a été consumée, un grand nombre de fort jolies bâtisses parmi lesquelles se distinguent surtout celle de W.-H. Scott, M.P.P., belle maison en pierre à deux étages, ornée d'un superbe portique. »26 Scott avait acquis cette maison en 1833 des mains du docteur Chénier, gendre du docteur Labrie.27

Les registres de la paroisse de Saint-Eustache nous révèlent de façon formelle que le couple Labrie a donné naissance à onze entants.28

  • Marie-Éloise née et baptisée le 17 avril 1810. Le parrain est le seigneur Nicolas-Eustache Lambert-Dumont et la marraine dame Marie-Joseph Poitras épouse de Pierre-Rémy Gagnier. Elle décède le 19 août 1810 et elle est inhumée le lendemain.
  • Marie-Louse-Adèle est née et baptisée le 5 décembre 1811. Le parrain est Pierre-Rémy Gagnier et la marraine Louise-Angélique Lamhert-Dumont épouse du seigneur Antoine Lefebvre Bellefeuille.
  • Marie-Zéphirine est née le 1er novembre 1813 et baptisée le lendemain. Le parrain est .Jean-Baptiste Chevallier et la marraine dame Marie-Joseph Poitras épouse de Pierre-Rémy Gagnier. Elle épouse en 1ères noces le docteur Jean-Olivier Chénier le 26 septembre 1831. Le docteur Chénier est tué au combat du 14 décembre 1837 à Saint-Eustache. De ce premier mariage, elle a quatre enfants qui meurent avant leur père. Elle épouse en secondes noces le 7 novembre 1839 Louis-Auguste Desrochers de qui elle a cinq enfants. Elle décède à Saint-Jérôme le onze décembre 1890.
  • Jacques Arthur né le 7 décembre 1814 et baptisé le lendemain. Le parrain est Pierre-Rémy Gagnier et la marraine dame Marie-Narcisse Lemer Saint-Germain épouse du seigneur Nicolas-Eustache Lambelt-Dumont. Il décède le 29 décembre 1817 et il est inhumé deux jours plus tard dans la nef de l'église.
  • Pierre-Auguste né le 4 février 1816 et baptisé le lendemain. Le parrain est le docteur Auguste Globensky et la marraine dame Charles-Adélaïde Champlain épouse d’alexis Berthelot. Il épouse Suzanne Duchesneau. Il est emprisonné du 6 février 1838 au 12 avril suivant pour sa participation aux événements du 14 décembre 1837 à Saint-Eustache. Il meurt à Montréal le 16 janvier 1878. Il est marchand une bonne partie de sa vie et il collabore au développement de la colonisation.
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  • Jean-Baptiste-Aurélien né le 16 janvier 1817 et baptisé le même jour. Le parrain est sieur Jean-Baptiste-Étienne Guernier-Laviolette, marchand, et la marraine Marie-Françoise Glohensky épouse de sieur Étienne Mackay, marchand. Il décède le 4 août 1817 et il est inhumé deux jours plus tard dans le cimetière paroissial.
  • Jacques-Arthur né le 7 mars 1818 et baptisé le même jour. Le parrain est le sieur Alexis Berthelot et la marraine demoiselle Marie-Amable Lemer Saint-Germain. Il décède le 5 août 1818 et il est inhumé deux jours plus tard dans le cimetière paroissial.
  • Marguerite-Henriette née le 7 mars 1819 et baptisée le lendemain. Le parrain est Jean-Baptiste Féré et la marraine dame Euphrozine Doré, veuve de sieur François Lefebvre Bellefeuille, notaire. Le 12 juillet 1842, elle épouse sieur Melchior Prévost, marchand de Saint-Jérôme.
  • Victoire-Honorine née le 6 janvier 1821 et baptisée le lendemain. Le parrain est le curé J. Félix et la marraine Marie-Victoire Félix, épouse de Jean-Baptiste Dumouchelle.

  • Alexis-Alfred né et baptisé le 17 juin 1823. Le parrain est Alexis Demers, clerc-docteur, et la marraine demoiselle Angélique Poitras. Il décède le 26 septembre 1824 et il est inhumé dans l'église de Saint-Eustache le 28 septembre suivant.

  • Antoine-Léandre né le 1er octobre 1825 et baptisé le lendemain. Le parrain est monsieur Léandre-Vital Dumouchel et la marraine demoiselle Marie-Louise-Zéphirine Labrie.

La variété des parrains et des marraines dans les diverses couches sociales de Saint-Eustache ou de Saint-Benoît démontre bien l'attitude du docteur Labrie. Il est bien vu de la classe dirigeante et il sait se faire aimer de tous les autres à cause de son implication sociale quotidienne. Nous allons voir dans les pages qui viennent que le docteur est au service de tous, pauvres ou riches, comme tous les médecins de campagne. Mais là ne s'arrête pas son zèle au service des autres. Durant sa courte vie, outre la pratique médicale et son implication de tous les moments à titre de consultant auprès de ses confrères médecins, Jacques Labrie trouve le temps de s'occuper de journalisme, d'éducation, d'histoire et de vie politique. Chacun de ces volets de sa vie lui demande beaucoup de temps et d'énergie.
 
 
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