À
la fin du XVIIIe siècle, les curés ont tôt fait de
repérer les enfants les plus talentueux de leur paroisse et ils
offrent de leur donner les rudiments de l'instruction. A Saint-Charles
de Bellechasse, le curé Louis-Pascal Sarault amorce l'éducation
du jeune Labrie. Les premières années élémentaires
sont interrompues en 1794 par la mort du curé. Fort heureusement,
les successeurs du curé Sarault, les curés Dénéchaud
(1794-1795) et Jean-Joseph Roy (1795-1799) permettent au talentueux jeune
homme de terminer le cours élémentaire et de débuter
le cours classique6.
Jacques Labrie entre au Séminaire de Québec en 1798 comme
en font foi les archives de cette institution. À quatorze ans,
il se montre un élève studieux et « il fournit -un
travail acharné et soutenu; il a rempli tous ses devoirs avec très
grand soin et avec succès; il n'est au collège que depuis
deux ans, et pourtant il a été grand premier une fois »7.
L'année suivante, étudiant en Belles-Lettres, il se distingue
parmi tous ses confrères de classe en atteignant sept fois sur
dix le premier rang.
Ses études en philosophie terminées, Jacques Labrie s'inscrit
comme étudiant en médecine auprès du docteur François
Blanchet, « médecin le plus remarquable de l'époque
à Québec. Il y passe trois années (1804 à
1807) 8.
» Il a vingt ans lorsqu'il débute ses études en médecine.
« Le bureau du docteur Blanchet n'était pas seulement une
haute école de science médicale, c'était aussi un
foyer de patriotisme. Le docteur Blanchet aimait passionnément
son pays et mettait à le servir tout l'entraînement de sa
généreuse nature. Il fonda en 1806, de concert avec messieurs
Bédard et Taschereau, le Canadien...9
De son côté, Jacques Labrie, toujours étudiant en
médecine, fonde avec Louis Plamondon, jeune avocat, le Courrier
de Québec. Ce journal débute sa publication le 3 janvier
1807. Dès cette époque, Labrie « appartient au grand
parti patriote dont Papineau allait prendre bientôt la direction
politique. »10
Le Courrier de Québec est publié deux fois par semaine,
le mercredi et le samedi, et il est édité dans l'établissement
de monsieur Desbarats au 19 rue Buade dans la Vieille Ville. Chaque parution
a quatorze pages. L'objectif du journal se résume en ces quelques
mots: « Un bon citoyen doit travailler à se mettre en état
de servir sa patrie, »11
ce que fait Labrie durant toute sa vie. Dans un premier temps, le journal
est publié jusqu'au 27 juin 1807. Il est difficile d'identifier
les articles écrits par .Jacques Labrie puisqu'à l'époque
les journalistes ne signaient pas leurs chroniques. Labrie part pour l'Europe
à la fin de juin 1807 en utilisant ses économies gagnées
au journal. Il poursuit ses études médicales à la
Royal Physical Society of Edimbourg dont il devient membre. Un autre canadien,
René-Joseph Kimber de Québec, poursuit ses études
médicales en même temps à Edimbourg. Ce dernier est
reçu médecin le 2 août 1808.
Dès son retour
de l'université, soit le 5 août 1808, .Jacques Labrie présente
à son Excellence James-Henry Craig, alors Gouverneur en chef de
la Province du Bas-Canada, une requête officielle pour obtenir une
licence médicale12,
Le 11 août suivant, le bureau des examinateurs des licences médicales
de la Province du Bas-Canada émet l'opinion suivante: « Nous
avons examiné le dit Jacques Labrie et nous sommes d'opinion qu'il
peut être licencié à titre de pharmacien, de chirurgien
et de médecin. James Fisher et Geo. Longmore M. D. Commissaires
enquêteurs, Québec 11 août 1808.13
» Le lendemain, le bureau du Gouverneur du Bas-Canada accorde officiellement
une licence de pratique de la médecine à Jacques Labrie.14
Ce dernier ne perd pas de temps et s'établit à Montréal
dès le 15 août 1808 au 131 de 1a rue Saint-Paul dans la maison
de monsieur Cardinal.
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