Jacques Labrie, Patriote




Jacques Labrie, historien
 
L'oeuvre de la vie du docteur Labrie est sans contredit son Histoire du Canada. Après avoir mûri ce projet grandiose durant plusieurs années, Labrie « accumule les documents; il visite les dépôts d'archives, il fait copier, il copie lui-même, il rencontre des difficultés.»84 La confiance règne. La majorité des centres d'archives lui ouvrent leurs portes et tentent de lui faciliter la tâche. À l'Archevêché de Québec, on lui prête des documents, mais il ne peut que déplorer le peu de collaboration des Sulpiciens à son égard. Il croit que cette hostilité prendrait origine dans le fait qu'il avait déjà déploré qu'il « n'aimait pas voir des Français remplir leur maison qui devrait être canadienne et essentiellement canadienne.»85 D'ailleurs, il ajoute à cette crainte: « Voyez le danger que nous courons, pour avoir permis à des étrangers de posséder le beau patrimoine de Saint-Sulpice de Montréal, nous avons été et nous sommes peut-être à la veille de le perdre: quel malheur ce serait pour le pays! »86

À partir de 1826, le travail de Jacques Labrie s'intensifie. Il poursuit la cueillette des documents dans la mesure de ses disponibilités et de ses voyages à Québec où l'appelaient ses devoirs de député, Tous ces moments libres passent à compulser des fonds d'archives. Il se plaint souvent de son peu de ressources financières. Il aurait certainement aimé rencontrer un mécène qui lui aurait permis de consacrer plus de temps à l’histoire de son pays. À ceux qui s'interrogent à savoir si l'hisitoire va bien, il leur répond: « Un homme qui a une profession, une famille et des terres, et qui est de plus astreint à remplir plusieurs devoirs publics, n'a pas tout le loisir qu'il désirerait. De tout cela vous devez conclure que la besogne va telle que telle dans les mains d'un homme qui a bonne volonté, mais qui manque un peu de moyens; car il faut toujours chercher le pain avant tout… »87

Jacques Labrie et son épouse ont hérité du notaire Gagnier de grands terrains, au sud de la rivière du Chêne, réparti de chaque côté de la rue Saint-Louis. Lorsque le besoin s'en faisait sentir, le docteur vendait quelques terrains ce qui lui procurait un revenu supplémentaire et lui permettait de réaliser le développement d'une partie du village tout en faisant progresser son école ou ses recherches historiques.88

Le docteur éprouvait divers problèmes de santé qui l'empêchent de visiter à sa guise les centres d'archives de Québec. En 1829, Labrie séjourne à Montréal. Sa famille est affligée par la maladie et son épouse s'ennuie énormément. Ces tracas l' « ont beaucoup détourné de l'exécution de son entreprise.»89 Il croit qu'il devra retourner à Saint-Eustache pour le plus grand bien des membres de sa famille pour qui l'air de la ville semble être tout à fait nuisible.

Labrie demande à ses nombreux collaborateurs de procéder à certaines recherches à sa place. Étant trop souvent lié: par quelques obligations professionnelles ou familiales, il doit avoir recours à la disponibilité d'amis et de chercheurs qui croient en la valeur de son Histoire du Canada.

Hélas! La tâche est trop grande pour un seul. Jacques Labrie a compilé plusieurs milliers de pages de documentation. Il a rédigé plus de 5 000 pages se rapportant à l'histoire du Canada depuis les débuts jusqu'à la fin de la période de la guerre de 1812. Il lui reste à apporter divers compléments d'informations dans des sujets complexes.
 
 
Retour vers la page d'Accueil
Aller à la section précédenteAller à la section suivante